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Échange de prisonniers: la Colombie sollicite la Suisse

30/10/2004 - SwissInfo, Le Courrier International, El Tiempo, El Pais, Seattle Post Intelligencer, Boston Globe

La décision du président colombien Alvaro Uribe d'accepter de négocier un accord d'échange avec la principale guérilla suscite un réel espoir d'aboutir à la libération des otages aux mains des guérilleros, parmi lesquels la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

Le président colombien a indiqué jeudi soir avoir demandé au gouvernement suisse de remettre aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) une proposition concrète, dont le premier pas serait la libération unilatérale de 15 guérilleros emprisonnés pour délit de rébellion et non des crimes de sang.

Elle est destinée à sortir du blocage, qui dure depuis plus de deux ans, et à aboutir à terme à l'échange au total de 50 guérilleros contre 59 otages -- 22 personnalités politiques dont Ingrid Betancourt, 34 militaires et policiers et trois Américains --, comme l'avait proposé le gouvernement en août dernier.

A l'époque, M. Uribe avait rejeté la contre-proposition des Farc de démilitariser deux villes du sud pour procéder à cet échange.

Après la libération unilatérale des 15 prisonniers, le gouvernement colombien attend "un geste" de la guérilla, a déclaré M. Uribe, qui pourrait être la libération de 15 otages.

Ensuite, les deux parties pourraient se réunir à Bogota dans une ambassade, en l'occurence la nonciature apostolique, pour se mettre d'accord sur le reste des libérations.

Ces négociations ne devraient pas durer plus de cinq jours, a précisé le Haut commissaire de la paix du gouvernement, Luis Carlos Restrepo, qui a indiqué vendredi attendre "la moindre petite lumière" pour libérer les 15 premiers prisonniers.

Cette nouvelle offre de M. Uribe a été saluée vendredi, notamment par les familles des otages.

"C'est une proposition nouvelle et concrète", a indiqué à l'AFP la mère d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio. Sa fille a été enlevée par la guérilla le 23 février 2002.

"Nous allons faire pression sur la guérilla, nous allons demander maintenant aux Farc d'écouter cette offre et d'y répondre positivement", a-t-elle poursuivi.

Fabiola Perdomo, épouse d'un des 12 députés enlevés à Cali en avril 2002, s'est réjouie "que le gouvernement ait écouté la clameur des familles".

"Maintenant c'est au tour des Farc, qu'il fasse la démonstration avec des faits. Comme nous avons fait pression sur le président, nous avons l'obligation de faire pression sur la guérilla", a-t-elle indiqué.

De son côté, Mgr Luis Augusto Castro, membre d'une commission chargée de rapprocher les deux parties, a estimé que la proposition de M. Uribe était "une réponse très claire et très concrète".

Fernando Giraldo, politologue de l'Université Sergio Arboleda de Bogota, estime que le président Uribe a changé d'attitude sous la pression des familles et de la communauté internationale. Pour son collègue Alejo Vargas, de l'Université nationale, ce facteur a joué, car, tant à l'étranger qu'en Colombie, "il existe de plus en plus une exigence que cette question des personnes privées de leur liberté de manière injuste soit résolue".

Cependant, ajoute-t-il, il peut exister "des difficultés d'ordre pratique si les Farc acceptent".

"Du point de vue de la sécurité, comment les délégués des Farc se rendront à une ambassade ou à la nonciature?", se demande-t-il.

Luis Carlos Restrepo a précisé que le transport se réaliserait avec l'aide du Comité international de la Croix Rouge (CICR) et de l'Eglise colombienne.


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