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Álvaro Uribe, président de la République de Colombie, se présente comme un gouvernant inflexible qui a fait reculer la guérilla et récupéré une partie du territoire national. Cela est certain mais seulement en partie et avec une face cachée. Avoir fait reculer les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en Urabá, à la frontière avec le Venezuela, dans le Caquetá et le Putumayo a permis aux citoyens de récupérer des zones libérées de la peur. Mais tout ce qui brille n’est pas or.
Quand Uribe a accédé à la présidence, 60% des 40 millions de Colombiens vivaient en dessous du seuil de pauvreté et le pays était dans un état précaire à cause du conflit armé qui dévaste la Colombie depuis quarante ans. A l’époque, le président du Centre d’investigation pour la paix, Mariano Aguirre, écrivait que « avec l’arrivée au pouvoir de Uribe, deux possibilités s’offrent à la Colombie pour en finir avec la violence : une vaste réforme des institutions pour reconstruire l’Etat ou une simple réforme du système de sécurité pour en finir avec la guérilla. La seconde possibilité fera entrer la Colombie dans la guerre contre le terrorisme de Bush et attisera un conflit qui ne se résoudra pas par la force ».
Deux ans plus tard, le recul de la guérilla s’accompagne d’une situation économique désastreuse (avec un déficit possible de 10 % et une dette publique s’élevant à 50 % du produit national brut), d’un Etat toujours déstructuré, d’une augmentation de la pauvreté et des problèmes connexes tels que l’analphabétisme, d’une violence en hausse, commune, urbaine ou émanant de groupes paramilitaires.
« Uribe n’a pas promis d’amélioration économique, mais bien de rendre une certaine sécurité aux colombiens et c’est cela qu’il fait », dit-on dans l’entourage du président. Mais cela n’est pas sûr. Le retrait des FARC dans la forêt ne signifie pas leur démobilisation, qu’elles déposent les armes ou qu’elles sont affaiblies. Elles sont ailleurs mais elles existent toujours. Et la coûteuse victoire contre la guérilla s’est payée au prix fort d’une violation généralisée des droits humains (par la guérilla, les paramilitaires, l’armée et la police) et d’une militarisation du pays comme l’a dénoncé Amnesty International.
La sécurité est la qualité de ce qui est sûr et qui, en même temps, signifie libre et exempt de tous dangers, maux ou risques. De quels dangers, maux ou risques sont libérés les paysans soupçonnés de sympathiser avec la guérilla ou les paramilitaires et qui subissent des représailles dans les zones proches de la guérilla ? De quels dangers sont protégés les syndicalistes, les défenseurs des droits humains et les activistes sociaux, dénoncés comme étant des subversifs par le gouvernement et l’armée et qui sont menacés, harcelés, détenus, torturés, « disparus » ou assassinés ?
Amnesty International continue à recevoir des informations faisant état d’une pratique généralisée de la torture de la part des forces de sécurité colombiennes et de leurs alliés paramilitaires, nous apprend un rapport adressé à l’ONU en novembre passé. Un autre rapport d’avril 2004, insiste sur le fait qu’une information digne de confiance indique que les forces armées du département de Arauca sont directement impliquées dans des cas d’homicides, de tortures et de « disparitions ». Dans une autre partie de ce rapport, on peut lire que la zone de réhabilitation et de consolidation [1] en Arauca n’a pas servi à réduire la violence ou l’insécurité dans les municipalités qu’elles recouvrent. De fait, certaines municipalités ont vu une augmentation des activités de la guérilla, ce qui a provoqué d’autres morts de civils. Il y a également eu une certaine augmentation des détentions arbitraires qui affectent principalement les défenseurs des droits humains, les dirigeants paysans et les syndicalistes.
Comme le craignait le président du Centre d’investigation pour la paix, il y a deux ans, Uribe a fait le mauvais choix. Il a opté pour un renforcement du système de sécurité et, en outre, pour une sécurité limitée étroitement qui ne garantit pas que tous les citoyens puissent vivre libres et libérés des dangers, des risques et des maux.
Alors que Uribe consacrent ses efforts à lutter contre la guérilla, les paramilitaires croissent, massacrent et agissent en toute impunité. « Il y a une croissance des paramilitaires dans sept départements des Caraïbes et du Pacifique. Nous allons vers une Dos años después, el retroceso de la guerrilla viene acompañado de una situación económica desastrosa (con un posible déficit del 10% y una deuda pública del 50% del PNB), un Estado aún desestructurado, un aumento de la pobreza y problemas adjuntos, como el analfabetismo, y una violencia en alza, bien común y urbana o de grupos paramilitares.paramilitarisation de la Colombie », avertissait le journaliste Álvaro Sierra.
La sécurité ne peut être un terme rhétorique destiné à la télévision et aux meetings publics. Elle ne doit pas être un objectif limité mais bien un objectif réel et total. La sécurité doit être pour tous et on ne peut pas combattre la terreur par la terreur. Quand donc ceux qui détiennent le pouvoir comprendront-ils que la sécurité véridique consiste en l’hégémonie des droits humains ?
Lo que está oculto bajo el triunfo militar de Uribe Centro de colaboraciones Solidarias