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60 à 70% de femmes colombiennes auraient été victimes de violences

14/10/2004 - El Tiempo, Amnesty International, AP, El Espectador, Latin Reporters, La Libre.be

Les abus sexuels constituent la pratique la plus généralisée, selon un rapport publié ce mercredi en Suisse par Amnesty International.

L'ONG critique le gouvernement colombien qui ne prendrait pas "les mesures adéquates pour mettre fin à cette violence et combattre l'impunité".

On considère que durant les quarante années de conflit interne, tous les groupes armés - depuis les groupes partisans et les paramilitaires jusqu'aux forces de sécurité - "ont abusé ou ont exploité sexuellement les femmes, tant parmi les civils que parmi ses propres combattantes, en essayant de contrôler les domainesles plus intimes de leurs vies".

À la violence domestique et à celle exercée par la Communauté on ajoute celle perpétrée par les groupes armés qui ont l'habitude de considérer les femmes comme des "trophées de guerre", pour se venger de l'adversaire ou pour les utiliser comme esclaves sexuels.

Les plus exposées sont les afrocolombiennes, les indigènes, les paysanes, celles qui habitent dans des secteurs urbain marginaux et les femmes de la population déplacée dans toute la Colombie, souligne le rapport, qui est composé de 60 pages.

AI dénonce comme un des faits les plus graves que les guérilleros abusent sexuellement des femmes et des enfants qu'elles ont recrutés ou qu'ils ont kidnappés, leur força nt à utiliser des méthodes contraceptives et à avorter en cas de grossesse.

L'organisation humanitaire indique dans une section de son rapport que les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (Farc) "ont poursuivi et ont tué des femmes pour des raisons d'orientation sexuelle, ont obligé leurs victimes à se soumettre à des tests pour détecter le virus du SIDA, et ont assassiné les séropositifs et les prostituées".

Pour Amnesty International le fait que les cas de violence sexuelle sont du ressort du système de justice militaire, facilite l'etouffement des plaintes; AI considère que l'actuelle politique de "sécurité démocratique" a augmenté les risques.

De même, il considère que l'état colombien "a fait très peu d'efforts pour mettre les services de base et les procédures d'urgence à la portée de celles qui survivent  à la violence sexuelle", tandis que le traitement prophylactique d'une possible contagion du SIDA est "pratiquement inexistant".

Il spécifie qu'actuellement il n'y a que les organisations non gouvernementales et privées qui se préoccupent des victimes de la violence en Colombie.

Bien que quelques instances du Gouvernement promeuvent des programmes contre la violence sexuelle, le rapport dénonce que "de tels efforts ne font pas partie d'une politique intégrale de l'État".

Face à ce diagnostic, AI demande au Gouvernement du président Alvaro Uribe de garantir que tous les membres des forces de sécurité impliqués dans des violations de droits humains, seuls ou en complicité avec des paramilitaires, soient suspendus de service jusqu'à ce qu'on détermine leur responsabilité ou leur innocence.

L'ONG propose qu'on révoque toutes les mesures qui aggravent l'impunité en Colombie, "comme celles qui accordent des pouvoirs judiciaires à judiciaire l'armée et l' amnistie de fait" pour les paramilitaires.

Parlant des défenseurs des droits humains, l'organisation internationale réclame l'assurance que ceux-ci "puissent mener à bien leur tâche sans crainte de représailles", et pour les victimes des violations AI demande une protection qui leur permette de dénoncer les responsables.

AI réclame également aux groupes partisans qu'ils s'engagent à stopper le recrutement des moins de 18 ans et à instruire leurs combattants pour qu'ils ne cessent de pratiquer les violences sexuelles, que ce soit contre des femmes de leur propre organisation, de la population civile ou appartenant à l'ennemi.


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