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474 syndicalistes tués en Colombie depuis 2002

21/11/2008 - Le Monde, AFP, Semana, The Guardian

Au total 474 syndicalistes ont été assassinés en Colombie depuis 2002, ont dénoncé mercredi plusieurs syndicats, à la veille de la publication d'un rapport de la Confédération syndicale internationale (CSI) qui estime que c'est le plus dangereux pays du monde pour les syndicalistes.

Dans une lettre ouverte au chef de l'Etat colombien Alvaro Uribe signée notamment par la Centrale unitaire de travailleurs (CUT), la première confédération colombienne, les syndicats dénoncent un "gouvernement qui a opté pour une politique axée sur le démantèlement du droit du travail et le dénigrement des organisations syndicales".

"A ces politiques s'ajoute l'assassinat de 474 syndicalistes depuis six ans" et l'"impunité persistante" concernant les auteurs de "97% des crimes commis contre des syndicalistes depuis 23 ans", dénoncent encore les signataires dans cette lettre publiée mercredi soir.

Quelques heures plus tard, dans son rapport annuel sur les droits des syndicalistes dans le monde, la CSI a également dénoncé la situation de ces derniers en Colombie.

En 2007 à travers le monde, "91 syndicalistes ont été assassinés pour avoir défendu les droits des travailleurs et la Colombie est une fois de plus le pays où le plus de crimes ont été commis, avec la mort de 39 personnes", écrit la CSI dans ce rapport publié à Bruxelles.

Selon cet organisme, l'Amérique latine est en outre "le continent le plus dangereux pour les activités syndicales, avec des assassinats, des enlèvements, des menaces de mort et des agressions dans de nombreux pays".

La lettre ouverte des organisations syndicales colombiennes et ce rapport sont publiés alors même que le gouvernement du président Uribe cherche par tous les moyens à obtenir du Congrès américain la ratification d'un traité de libre-échange avec les Etats-Unis.

Les démocrates y sont opposés, en particulier en raison des violations des droits des syndicalistes.

Alvaro Uribe a évoqué le sujet mercredi dans un entretien téléphonique d'une dizaine de minutes avec le président élu américain Barack Obama, deux jours après un entretien similaire avec le futur vice-président Joe Biden.

Les syndicats s'expriment aussi à moins d'un mois de l'examen, à partir du 10 décembre, par le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies de la situation des droits de l'Homme en Colombie, au cours duquel ce sujet sera évoqué.


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