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Visite mardi d'Hugo Chavez à Paris centrée sur le sort d'Ingrid Betancourt

20/11/2007 - AFP

Le président vénézuélien Hugo Chavez était attendu lundi soir à Paris pour une visite de 24 heures centrée sur le sort des otages en Colombie, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, mais entourée d'incertitudes sur les preuves de vie attendues par les familles.

M. Chavez devait arriver dans la soirée en provenance de Téhéran, où il a multiplié les signes de soutien à son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad, engagé dans un bras de fer avec les Occidentaux qui le soupçonne de vouloir doter son pays de l'arme nucléaire.

M. Chavez, qui doit être reçu mardi à déjeuner au palais de l'Elysée par le président Nicolas Sarkozy, a dit espérer pouvoir apporter à cette occasion des preuves de vie d'Ingrid Betancourt, enlevée en février 2002 par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Mandaté depuis trois mois par Bogota pour mener une médiation avec la guérilla, il s'est dit "sûr" dimanche qu'elle était en vie tout en admettant ne pas disposer encore de "preuves matérielles comme une vidéo ou un enregistrement". La dernière cassette vidéo montrant Ingrid Betancourt date de la mi-2003.

Selon les comités de soutien de l'ex-candidate à la présidentielle, M. Sarkozy devait recevoir sa famille après son déjeuner avec M. Chavez.

La sénatrice de gauche colombienne Piedad Cordoba, médiatrice aux côtés d'Hugo Chavez dans les négociations avec les Farc et Bogota, est arrivée lundi matin à Paris.

Selon Astrid Betancourt, la soeur d'Ingrid, Mme Cordoba arrivait de Caracas où elle s'était rendue à la demande de M. Chavez pour recevoir d'éventuelles preuves de vie des otages de la part des Farc.

Interrogée à son arrivée à Paris par la chaîne d'information en continu LCI, Piedad Cordoba s'est bornée à répondre qu'elle laissait au président Chavez le soin "de communiquer sur ce sujet".

"Ce que nous attendons, ce sont des preuves de vie directes d'Ingrid et des autres otages", a réaffirmé lundi à l'AFP Olivier Roubi, porte-parole de la fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib).

"Nous restons optimistes", a assuré de son côté Hervé Marro, porte-parole d'un autre comité de soutien.

Ces preuves sont cruciales pour les familles et pour le processus politique car elles constituteraient un geste important des Farc en vue d'un éventuel accord avec les autorités colombiennes.

La guerilla marxiste, à la tête d'une rébellion en Colombie, demande l'échange de 45 otages -dont Ingrid Betancourt et trois Américains- contre la libération de 500 des leurs.

Du côté des Farc, "les preuves de vie arriveront, la question est de savoir si la guérilla veut faire ce cadeau ou non à Hugo Chavez" pour sa visite à Paris, estime une source diplomatique proche du dossier.

Le programme complet de la visite de M. Chavez, qui arrive en France en pleine grève des transports et des fonctionnaires, était gardé secret par les services de l'ambassade du Vénézuéla à Paris.

Outre une conférence de presse de deux heures annoncée après sa rencontre avec M. Sarkozy, M. Chavez pourrait lui aussi s'entretenir avec les membres de la famille d'Ingrid Betancourt, selon les comités de soutien.

Il devait en outre rencontrer mardi matin une centaine de responsables de grandes entreprises françaises, dont le groupe pétrolier Total, a-t-on appris auprès du patronat français.

Il est prévu qu'il quitte Paris dès mardi soir à destination du Portugal.

Appui de l'Union Européenne

Les ministres d'Affaires Extérieures de l'Unión Européenne (UE) ont soutenu ce lundi les négociations avec la guérilla colombienne pour conclure un accord humanitaire, en déclarant son intérêt particulier pour par les négociations que dirige Hugo Chávez.

Dans une declaration adoptée pendant une reunión à Bruxelles, les 27 membres de l'UE indiquent que le groupe « suit avec intérêt les efforts du gouvernement colombien, en particulier avec la colaboration du président du Vénézuéla, et qu'il soutient le travail de de tous ceux qui travaillent pour l'application du droit humanitaire international en Colombie ».

« L'Unión Européenne (UE) attend qu'on obtienne des progrès au moyen de négociations entre le gouvernement colombien et les groupes armés illégaux en vue de conclure un accord humanitaire qui garantisse la libération de tous les otages, qui puisse mettre fin au conflit armé et apporter une paix durable en Colombie », indique le texte.


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