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Les comités de soutien et la famille de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt ont organisé dimanche à Paris une marche et un concert "d'espoir" dans l'attente d'une preuve qu'elle est toujours en vie, deux jours avant la visite du président vénézuélien Hugo Chavez.
M. Chavez, qui négocie avec le gouvernement colombien et la guérilla des Farc, a affirmé à plusieurs reprises ces derniers jours qu'il espérait apporter mardi à son homologue français Nicolas Sarkozy une "preuve de vie" d'Ingrid Betancourt et des autres otages en Colombie.
Il a toutefois reconnu dimanche à Ryad ne pas disposer encore de ces "preuves matérielles" de vie des otages dont Ingrid Betancourt, enlevée en 2002.
Pour soutenir les négociations en cours, environ 150 personnes ont marché symboliquement jusqu'au Mur de la paix dimanche à Paris et lâché des ballons blancs sous la Tour Eiffel. Plusieurs personnalités dont le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, participaient à cette mobilisation aux côtés de la famille.
Dans la soirée, de grands noms de la chanson française, Renaud, Patrick Bruel, Carla Bruni ou encore Vincent Delerm, ont chanté lors d'un concert dans la salle parisienne du Zénith.
Les ambassadeurs en France de Colombie et du Vénézuéla ont assisté à ce concert de soutien à un accord humanitaire.
Le diplomate colombien Fernando Cepeda Ulloa, qui a déclaré également avoir pris part à la marche de soutien à Ingrid Betancourt, n'a pas fait de déclarations, mais a reconnu que sa présence dans les deux actions était « très significative ».
Assistait également au concert l'ambassadeur du Vénézuéla José Arnaldo Pérez.
La marche a réuni une centaine de personnes, parmi lesquelles de nombreuses personnalités comme le maire de Paris, Bertrand Delanoë, le président du Conseil Régional de l'Ile-de-France, Jean-Pierre Huchon, l'auteur Marek Alter ou l'adjointe au maire de Paris Anne Hidalgo, en plus d'autres ediles et quelques députés.
Après le défilé s'est tenu un concert au Zenith, la scène des grands événements musicaux et culturels de la capitale française, organisé par la Federation Internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB).
Une trentaine d'artistes français avaient accepté de contribuer à ce spectacle, auquel ont assisté les proches d'Ingrid Betancourt : parmi eux les proches d'Ingrid, ses enfants Mélanie et Lorenzo et sa mère Yolanda Pulecio, venue spécialement pour cela de Bogotá.
Cette dernière a déclaré qu'il y avait maintenant plus d'espoir grâce à l'importante mediation du président vénézuélien Hugo Chávez, ce qui a provoqué des applaudissements dans le public.
« Il est nécessaire que le monde sache qu'il y a des millions de personnes qui soutiennent un accord humanitaire en Colombie », a ajouté Yolanda Pulecio, avant de remercier les spectateurs pour leur présence « en défense des valeurs de la vie ».
La mère de l'otage a dit espérer que les preuves de survie que devraient fournir la guérilla puissent arriver à temps pour la rencontre entre Hugo Chávez et son homologue français Nicolas Sarkozy ce mardi à Paris.
Astrid Betancourt a souligné l'action de la FICIB, qui a réussi à organiser le concert en un temps récord de douze jours, après que la médiatrice colombienne Piedad Córdoba a lancé l'idée de « démontrer devant le monde entier que le processus lancé par le président Hugo Chávez ne peut pas revenir en arrière ».
"J'espère que les preuves de vie vont arriver", a déclaré à la presse la mère d'Ingrid, Yolanda Pulecio, venue spécialement de Bogota. "Il paraît que c'est une vidéo, mais je n'en suis pas sûr". "Cela pourrait être aussi un enregistrement de sa voix", a ajouté Astrid, la soeur d'Ingrid.
"Tout le monde demande au président (colombien) Uribe de faire passer la vie des otages avant ses intérêts politiques", a affirmé sa mère Yolanda Pulecio, réaffirmant l'opposition de la famille à toute intervention militaire pour libérer les otages.
Du côté des Farc, "les preuves de vie arrivent. La question est de savoir si les Farc veulent faire ce cadeau ou non à Hugo Chavez" en la lui donnant avant mardi, a souligné une source diplomatique proche du dossier.
La médiatrice colombienne Piedad Cordoba, partie prenante de la négociation d'un "accord humanitaire" aux côtés d'Hugo Chavez, n'était pas présente dimanche à Paris contrairement à ce qui était initialement prévu.
Selon la famille de Mme Betancourt, M. Chavez aurait demandé à la négociatrice colombienne de se rendre à Caracas pour recueillir d'éventuelles preuves de vie. Cette dernière était attendue lundi en France.
La guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) à la tête d'une rébellion en Colombie depuis 1964 a proposé l'échange de 45 otages -dont Ingrid Betancourt et trois Américains- contre 500 rebelles emprisonnés.
"On est optimiste car on arrive à échéance de l'arrivée de Chavez et de Piedad Cordoba et on espère tous qu'un des deux va arriver avec cette preuve de vie d'Ingrid", et des autres otages, a affirmé à l'AFP Olivier Roubi, porte-parole de la Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib).
"On est confiant d'obtenir une preuve de vie directe des otages d'ici à mardi", a renchéri Hervé Marro, porte-parole du comité Ingrid Betancourt, proche des enfants de l'otage et de leur père Fabrice Delloye.
L'implication des présidents Sarkozy, qui a fait de la libération d'Ingrid Betancourt l'une de ses priorités, et Chavez, "a créé une phase sans précédent depuis cinq ans", a expliqué Fabrice Delloye, disant espérer que les Etats-Unis "entrent dans le jeu" pour faire pression sur M. Uribe.
Selon lui, les FARC et le président Uribe doivent comprendre qu'"ils ont tout à gagner à mettre fin à plus de 40 ans de guerre civile en Colombie où il y a trois millions de déplacés, où 60% de la population ne vote pas et crève de faim".