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Les défenseurs de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt ont exprimé leur consternation jeudi, à l'annonce de la décision de Bogota d'interrompre la médiation du président vénézuélien Hugo Chavez.
L'Elysée a fait savoir que Nicolas Sarkozy demanderait la reprise de cette médiation dans une lettre qu'il transmettra "dans quelques jours" à son homologue colombien, Alvaro Uribe.
"Nous réitérons notre soutien à la médiation Chavez et souhaitons que le dialogue entre le président Uribe et le président Chavez reprenne parce qu'il est un élément-clé de la réussite de la médiation", a déclaré le porte-parole du président français lors d'un point de presse.
Alvaro Uribe a, de manière inattendue, mis fin mercredi à la mission de Hugo Chavez visant à obtenir la libération des quelque 3.000 otages détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), dont Ingrid Betancourt.
Bogota reproche officiellement au président vénézuélien d'avoir demandé des informations sur les otages par téléphone au chef de l'armée, Mario Montoya.
En écrivant au président colombien, Nicolas Sarkozy répond à l'une des demandes de la Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt, qui a lancé un appel pressant en ce sens.
"Il n'y a en ce moment aucune alternative acceptable à cette médiation, et nous demandons avec insistance au président Uribe de revenir sur sa décision, montrant ainsi que c'est lui - et non ses généraux - qui dirige le pays", écrit dans un communiqué cette fédération, qui représente 64 comités de défense des otages en Colombie à travers le monde.
Hugo Chavez, qui a déjeuné mardi à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy avant de rencontrer la famille d'Ingrid Betancourt, avait entamé sa médiation il y a trois mois.
"CONSTERNATION"
Le président vénézuélien a déclaré à Paris que les Farc avaient donné l'assurance de fournir des preuves de vie des otages avant la fin de l'année.
"La rencontre que le président de la République a eue avec le président Chavez à Paris était certes incomplète et insatisfaisante puisque que nous n'avons pas eu de preuve de vie, mais néanmoins il y a eu des avancées et des messages très importants ont été passés", a souligné David Martinon.
La famille d'Ingrid Betancourt, détenue dans la jungle colombienne depuis près de six ans, a fait part de sa profonde déception de voir cette médiation interrompue.
"J'espère que le président Uribe reviendra sur cette décision parce que la médiation de Chavez est indispensable pour parvenir à la libération des otages", a déclaré sur France 3 la fille d'Ingrid Betancourt, Mélanie Delloye, qui vit à Paris.
"On a besoin de lui pour dialoguer avec les Farc et on n'a pas le droit, alors que les choses sont en train d'avancer, de tout faire brûler comme ça", a ajouté la jeune femme.
"Nous avons pu nous rendre compte à Paris lors de l'entretien que nous avons eu avec (Chavez) du sérieux avec lequel était menée toute la stratégie qui a été mise en place et nous pensons que c'est la seule issue, la seule voie, la seule alternative que nous ayons pour qu'Ingrid et les autres otages puissent revenir à la liberté", a déclaré sur i-Télé la soeur de la captive, Astrid Betancourt.
"C'est vraiment la consternation", a reconnu sur RTL Fabrice Delloye, ex-mari et père des enfants d'Ingrid Betancourt. "Il est évident que le président colombien ne veut pas entendre parler d'accord humanitaire, c'est un président tout guerre".
"On est plus que déçus, bien entendu. Chavez représentait pour nous un homme incontournable puisqu'il pouvait être le lien pour un dialogue entre les Farc et Uribe en même temps. Il n'y en a pas beaucoup", a-t-il fait remarquer.
Une manifestation pour la défense des otages de Colombie est prévue samedi à 14h00 devant la résidence de l'ambassadeur de Colombie à Paris.