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Otages en Colombie: discussions entre Chavez et les FARC dans la discrétion

09/11/2007 - AFP

BOGOTA (AFP) — Les discussions en vue de la libération d'otages de la guérilla colombienne des FARC se déroulent dans la discrétion à Caracas, malgré les irruptions médiatiques du président vénézuélien Hugo Chavez.

Pour la première fois M. Chavez a présenté jeudi soir à la presse le représentant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avec lequel il négocie depuis le début de la semaine loin des micros et des caméras, le "commandant" Ivan Marquez.

Toutefois, le président vénézuélien et M. Marquez sont restés vagues sur l'état des discussions, les avancées ou les blocages dans les négociations.

Mandaté par Bogota pour favoriser un échange de 500 rebelles incarcérés contre 45 otages dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, M. Chavez a souligné qu'une rencontre avec le chef des FARC, Manuel Marulanda, restait "à l'agenda", en admettant qu'il fallait encore "savoir où, quand et comment".

Egalement présente à Caracas, la médiatrice Piedad Cordoba, une sénatrice colombienne d'opposition proche du président vénézuélien, a affirmé vendredi que ce dernier avait demandé à la guérilla que le chef des FARC emmène avec lui lors d'une telle rencontre quelques uns des otages.

"Une des choses que le président Chavez a demandé hier (à Ivan Marquez) c'est que si une rencontre avait lieu avec le commandant Marulanda, celui-ci pourrait emmener avec lui par exemple l'enfant (le fils né en captivité de Clara Rojas, la secrétaire d'Ingrid Betancourt, ndlr), les femmes et les otages malades", a-t-elle déclaré à la radio privée colombienne RCN.

Mme Cordoba a aussi affirmé qu'Ingrid Betancourt était "vivante". "Selon ce que je sais, tous les otages sont en vie", a-t-elle ajouté. Une information confirmée par M. Marquez, l'émissaire du secrétariat des FARC, instance dirigeante de la guérilla marxiste.

Selon la médiatrice, les FARC se sont engagées à fournir des preuves de vie de leurs trois otages Américains. "Dans une lettre que m'a remise jeudi Ivan Marquez, il est dit que les FARC vont remettre des preuves de vie des Américains, ce qui me paraît un progrès très important dans la mesure où la guérilla l'avait toujours refusé", a-t-elle déclaré.

Les trois Américains, Marc Gonsalves, Thomas Howe et Keith Stannsen, collaborateurs du département d'Etat américain, sont retenus en otages depuis février 2003 après que les FARC eurent abattu l'avion à bord duquel ils effectuaient une mission antidrogue.

De son côté, le haut commissaire du gouvernement colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, a indiqué que le choix avait été fait "d'écarter les médias de ces négociations et de les mener via des canaux internes".

Ces premières réunions sont "importantes", écrit l'hebdomadaire communiste colombien Voz, car elles démontrent l'accord des FARC pour négocier avec ces médiateurs.

Des membres de familles d'otages, qui ont requis l'anonymat, ont jugé "souhaitable" la discrétion observée dans ces négociations "car dans le cas contraire des obstacles auraient immédiatement été dressés comme c'est déjà arrivé dans le passé".

Mme. Cordoba a accusé vendredi l'armée colombienne d'avoir bombardé un camps de la guérilla fin août alors que la médiatrice elle-même venait juste de rencontrer le numéro deux des rebelles, Raul Reyes.

"Il y a beaucoup de gens non seulement du gouvernement mais en dehors qui sont hostiles à un accord" sur un échange humanitaire, a-t-elle souligné.

Les présidents Alvaro Uribe et Hugo Chavez s'étaient rencontrés le 12 octobre et engagés à négocier dans la discrétion et à se tenir informés mutuellement.


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