La revue de presse   de  www.Betancourt.info 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


Les mines terrestres : une horreur cachée dans les campagnes colombiennes

17/11/2006 - Reuters

Une bouteille à bière vide et un détonateur fabriqué avec une seringue médicale, c'est tout ce dont les rebelles colombiens ont eu besoin pour fabriquer la mine terrestre qui a mis fin à la carrière militaire d'Andres Restrepo à l'âge de 23 ans.

Quand l'explosif a déchiqueté sa jambe au début de l'année, Restrepo est devenu l'un des trois Colombiens qui sont mutilés par des mines chaque jour - une statistique qui fait de son pays le "champion" du monde pour le nombre de victimes des mines.

"J'étais le numéro 17 dans la patrouille. Seize de mes camarades sont passé au-dessus et ne l'ont pas déclenchée. J'étais en fin de file et j'ai marché dessus"... nous raconte Restrepo à hôpital militaire de Medellin. "j'ai eu de la chance... cela aurait pu être pire, considérant ce qu'une mine peut faire comme dégâts."

La violence du conflit en Colombie a diminué, alors que le Président Alvaro Uribe mène une campagne soutenue par les USA pour contenir une insurrection rebelle qui dure depuis quatre décennies, et pour s'attaquer au commerce de cocaïne au moment même où il fait face à la critique à cause des atteintes aux droits humains commis par ses troupes.

Le combat continue à tuer et à déplacer des milliers de personnes chaque année à travers la Colombie; les fermiers pauvres, les enfants et les soldats perdent leurs membres à cause des mines improvisées dispersées la plupart du temps dans des secteurs ruraux par les guérilleros marxistes des FARC, selon les officiels.

Mettre fin à la tragédie des mines en Colombie est compliqué par les combat, disent les experts, car les guérilleros s'en servent pour retarder l'avance de l'armée qui attaque leurs positions, dans un jeu perpétuel du chat et de la souris.

"un conflit qui dure signifie que chaque jour, on place des mines quelque part dans le pays," raconte Alvaro Jimenez qui mène campagne en Colombie contre les Mines terrestres. "qui va investir dans des opérations de déminage, si on n'est pas sur qu'on va arrêter d'en semer ?"

Le rapport du "moniteur des Mine terrestres", qui est appuyé par la campagne internationale pour interdire les Mines terrestres, rapporte le chiffre de 7.328 victimes l'année dernière de par le monde, bien que les experts estiment que le chiffre est bien plus élevé.

En Colombie, les mines artisanales faites avec des boîtes en fer blanc et des récipients, cachées dans les arbres, les fleuves et enterrées sous les voies, ont tuée ou blessé 1.100 personnes l'année dernière, selon le moniteur des Mine terrestre. C'est le chiffre le plus élevé de tous les pays dans le monde.

Le gouvernement de Colombie estime à 952 le nombre de victimes comptabilisées au 1er novembre  2006 -- 204 tués et 748 blessé.

Plus de la moitié des victimes en Colombie sont des soldats, mais dans les hameaux ruraux, comme par exemple dans le département d'Antioquia au nord-ouest de la Colombie, un grand nombre d'enfants ont été estropiés alors qu'ils travaillaient dans les champs, et les fermiers rapportent de nombreuses blessures du bétail et de leurs familles, lorsqu'ils fuient les zones de combat, ou parce qu'ils sont menacés.

LE TUEUR CACHÉ

Près de Medellin, dans le département d'Antioquia, des troupes et des chars sont postés dans les collines vertes autour du hameau de San Lorenzo, un souvenir de la campagne d'Uribe pour reprendre le pays aux rebelles depuis sa première élection en 2002 .

Mais l'armée ne peut faire grand chose pour aider des résidents comme Maria Giraldo, dont les deux fils ont eu les deux membres arrachés par des mines, ou pour  Diego Clavijo, mutilé, un enfant de 11 ans blessé alors qu'il partait à la chasse avec son père.

Près de l'endroit où Clavijo joue au football avec une jambe artificielle, Julio Ernesto Cuevo, 66 ans, se repose dans une hutte étouffante, tout en frottant le tronçon dénudé et à vif au-dessous de son genou, maintenant incapable de pourvoir aux besoin de sa famille depuis sa blessure par mine l'année dernière.

"Vraiment nous n'avons aucune idée de combien de personnes meurent dans les montagnes, victimes d'un accident de mine, et sont juste enterrées là," nous dit Rocio Pineda, directeur au bureau du gouverneur d'Antioquia.

Plus de trois quarts des gouvernements du monde ont signé un traité interdisant les mines antipersonnel, réduisant nettement leur utilisation. Mais les groupes armés comme les rebelles de Colombie sont maintenant les principaux coupables.

Les entretiens exploratoires avec l'ELN et le traité de paix qui a démobilisé certains paramilitaires d'extrème droite pourraient mener ces groupes à aider dans des opérations de déminage

BUREAUCRATIE

Uribe, un avocat formé aux USA, a reçu des millions d'aide des ETATS-UNIS pour combattre les forces armées révolutionnaires de la Colombie (FARC), le plus grand groupe rebelle, fondé dans les années 60 pour lutter contre des inégalités en Colombie. Il est repris sur la liste des groupes terroristes de Washington.

Les troupes du gouvernement sont maintenant exposées aux mines, car les rebelles les utilisent de plus en plus comme moyen de défense.

À l'hôpital militaire de Medellin, le capitaine Fabiola Benitize nous dit qu'il y a eu environ 180 militaires victimes de mines dans son centre de traitement cette année, rien que pour la province d'Antioquia et les régions environnantes. Plus de 40 ont dû être amputés.

Les activistes des actions Anti-mine disent que le sauvetage par hélicoptère et les soins médicaux pour les soldats contrastent avec le manque d'actions pour les civils, en dépit des lois votées pour les aider. Certains ne reçoivent aucun traitement à long terme ; d'autres sont pris dans la bureaucratie.

Jhon Giraldo s'est sauvé avec sa famille de sa ferme dans le département d'Antioquia après qu'ils aient reçu des menaces d'un groupe armé. Dans les montagnes, il a marché sur une mine qui a déchiqueté son pied juste le jour de son 13ème anniversaire.

Maintenant sa famille lutte pour survivre dans un taudis accroché à la montagne autour de Medellin, où lui et 14 membres de famille vivent avec le salaire de sa seule soeur. Tout qu'il veut, c'est finir l'école et trouver du travail.

"Je peux faire tout ce que je faisais avant, sauf de longues promenade et porter des poids lourds. Je peux jouer au football, " nous dit Giraldo, qui a maintenant 15 ans, et qui portait un maillot jaune de l'equipe brésilienne de football. "Voyons quel travail je pourrais bien trouver..."


>Tous les titres du mois 


> Poser une question,
   envoyer un commentaire

>www.Betancourt.info