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La présentation du livre "Gloria Lara Flor de la esperanza" à Bruxelles a suscité de fortes polémiques à cause des accusations graves portées par ce livre envers 18 personnes contre lesquelles la justice colombienne a cessé toute procédure pénale, contre un organisme des Nations Unies (UNHCR), contre plusieurs gouvernements européens qui ont accordé l'asile à ces personnes, et contre plusieurs grandes ONG qui défendent les droits humains.
L'auteur base ses accusations sur des supposées "confessions" faites il y a 24 ans par les hypothétiques assassins de sa mère, tous militants de gauche. La justice civile de Colombie avait pourtant clairement montré que ces auto-incriminations avaient été obtenues dans les locaux de la brigade des services secrets militaires, et que les accusés, dès leur sortie de prison, avaient démenti leurs "aveux" en dénonçant le fait qu'ils avaient été obtenus par des "tortures intenses"
L'actuel directeur de El Tiempo, Enrique Santos Calderón avait signalé peu après que toutes les preuves matérielles indiquaient au contraire que les auteurs du crime étaient des délinquants communs, auteurs du kidnapping de l'Américain Kenneth Bishop.
La Cour de Cassassion colombienne, enfermée dans le dilemme de condamner 18 personnes innocentes ou faire face à la colère du Commandement Militaire, avait choisi de déclarer qu'il y avait prescription.
Au cours du débat, il est apparu que c'était l'Ambassade de Colombie qui avait financé le colloque au cours lequel on a présenté le livre, dont l'auteur est la petite-fille de Fabio Echeverri, principal conseiller du président Uribe.
Pressé par le public de clarifier si son Gouvernement défendait la décision de la justice colombienne concernant les accusés, ou s'il soutenait la thèse du livre qui accuse 18 Colombiens et le système de droits humains internationaux, l'Ambassadeur Carlos Holmes Trujillo a déclaré que le fait de financer l'événement ne signifiait d'aucune manière que l'Ambassade ou le Gouvernement de la Colombie ne garantissait son contenu.
De la même manière, Monsieur Paul Jacob, au nom de l'Université ULB, a précisé que celle-ci, d'aucune manière, ne co-organisait ni ne parrainait l'événement, qu'elle ne garantissait pas non plus le contenu du livre, et que le sceau de l'Université ULB qui est apparu dans le carton d'invitation au lancement était une erreur ou un abus.
Plusieurs personnes présentes ont affirmé que bien qu'elles condamnent entièrement le kidnapping, elles n'acceptaient pas non plus qu'on présente systématiquement en Europe une version du problème des droits humains en Colombie déformée et limitée à ce phénomène.
Une personne a dénoncé le fait que la Commission européenne avait censuré il y a 2 semaines, 5 panneaux d'une exposition organisée par les Comités Ingrid Betancourt sur les droits humains en Colombie, parce qu'ils présentaient également le cas des disparus, des paramilitaires, et des déplacements forcés.
Une autre personne a demandé quand l'ambassade allait financer un autre événement sur les disparus, qui sont deux fois plus nombreux que les kidnappés, qui ont été torturés et assassinés, et qui sont aussi des citoyens colombiens.