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Les commentaires du Sénateur Miguel de la Espriella, publiés dimanche par le journal El Tiempo, vont probablement aggraver une crise pour le gouvernement du Président Alvaro Uribe, qui a déjà vu l'arrestation de quatre anciens et actuels membres du Congrès.
De la Espriella, dont le "Parti démocratique de Colombie" est dirigé par le cousin du président, a déclaré que lui et environ 40 autres politiciens - parmi lesquels des membre du Congrès, des gouverneurs et des législateurs qui sont maintenant membres du gouvernement Uribe - ont été priés par les paramilitaires d'assister à une réunion dans un ranch près de la ville de Sante Fe de Ralito, à 458 kilomètres au nord-ouest de Bogota.
Accompagnés de paramilitaires fortement armés, Carlos Castano et Salvatore Mancuso, les chefs des AUC (forces unies d'auto-defense de Colombie), ont demandé aux politiciens de signer un document créant un mouvement politique clandestin pour soutenir l'AUC, avant sa décision de démobiliser.
"Ce n'est pas nous, les politiciens, qui avons pris l'initiative - nous étions obligés de signer ces accords avec les paramilitaires," a déclaré de la Espriella ce dimanche sur radio Caracol. "Nous avons tous signé. Tous ceux qui étaient présents, sans exception."
Les Etats-Unis considèrent l'AUC comme une organisation terroriste et ont réclamé l'extradition de plusieurs chefs du groupe, y compris Mancuso et Castano, considérés comme les principaux trafiquants de cocaïne en Colombie.
De la Espriella n'a pas indiqué qui était présent à la réunion, mais a dit qu'il s'agissait surtout de politiciens comme lui, de la côte des Caraïbes, une forteresse paramilitaire depuis longtemps.
Pendant les élections de 2002, on a beaucoup dit que les paramilitaires avaient pratiqué l'intimidation des électeurs dans les secteurs qu'ils contrôlaient, pour faire élire des législateurs favorables à leurs intérêts.
De la Espriella a déclaré qu'il ne possédait plus la copie du document d'allégeance, mais il a dit espérer que ce document apparaîtrait en tant qu'élément de preuve dans l'enquête que mène la Cour suprême sur la connexion politico-paramilitaire.
Dans le cadre de cette enquête, quatre anciens et actuels membre du Congrès de l'Etat de Sucre (Nord de la Colombie) ont été arrêtés au cours des semaines passées. L'un d'entre eux, le Sen. Alvaro Garcia, est accusé de meurtre pour le rôle qu'il a joué "en organisant, en favorisant, en armant et en finançant" un massacre paramilitaire de 20 personnes en 2000, déclare la Cour dans un rapport.
On s'attend à ce que plusieurs autres législateurs, y compris de proches alliés d'Uribe, témoignent devant la cour dans le courant des prochains jours.
Uribe a recommandé instamment aux législateurs d'admettre publiquement les contact qu'ils ont eu avec les paramilitaires et d'autres groupes armés illégaux.
Mais l'appel du président n'a pas limité les retombées du scandale, dont beaucoup craignent qu'il puisse affecter la légitimité du Congrès.
De la Espriella a déclaré qu'il serait heureux de témoigner devant le tribunal, mais il a suggéré que cette "union obligatoire" avec les paramilitaires n'était pas un crime en soi.
Au moment où le pays découvre l'ampleur de la connivence entre les paramilitaires et l'élite politique, de la Espriella a déclaré au journal qu'il s'attendait à ce que quelques collègues au Congrès se déclarent membres de l'AUC, pour bénéficier des peines réduites qui sont accordées à cette organisation dans le cadre de l'accord de paix de 2002 avec le gouvernement.
Mancuso et 60 autres chefs de l'AUC sont en ce moment "détenus" dans un ancien complexe hôtelier de vacances, en attendant le procès qui les attend pour leur rôle dans certaines des plus épouvantables atrocités qui ont été commises dans ce conflit interne qui est maintenant dans sa cinquième décennie.
En septembre, des officiels ont confirmé la mort de Castano, qui s'était échappé en 2004, après qu'un milicien armé prétendument engagé par Vincente - le propre frère du seigneur de la guerre, ait signalé aux enquêteurs que son cadavre serait enterré dans une tombe profonde située dans le Nord de la Colombie.