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Dans une lettre surprenante, elle assure qu'il ne remplit pas la condition d'offrir des garanties électorales à sa fille, qu'elle considère comme étant également candidate aux prochaines élections.
Est-ce qu'Íngrid Betancourt garde sa condition de candidate présidentielle après être restée trois années et huit mois en pouvoir des Farc ?
C'est la question que pose une lettre de Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid, adressée aux magistrats de la Cour Constitutionnelle pour proposer l'idée surprenante que le président Álvaro Uribe ne pourrait pas se présenter pour se faire réélire, parce que sa fille n'a pas suffisamment de garanties.
Dans sa lettre, Yolanda Pulecio déclare que "nous considérons qu'il est impossible pour (...) le Président en exercice de postuler son nom propre pour la réélection, et en même temps d'être celui qui détient la faculté juridique légale de conclure un accord humanitaire avec la guérilla des Farc pour obtenir la liberté d'un autre candidat présidentiel".
Selon elle, Betancourt conserve encore sa condition de candidate, mais son état de kidnappée est incompatible avec les garanties d'équité qu'exige l'acte législatif de la réélection pour les aspirants de l'opposition.
C'est pourquoi elle pose à la Cour cette question concernant Uribe, juste au moment où ce haut tribunal se dispose à statuer sur la Loi de Garanties (ndlr: les règles à respecter pour éviter que le président n'utilise sa fonction actuelle comme un avantage dans la campagne pour se faire réélire)
La thèse de Yolanda Pulecio a-t-elle des chances ? Les sources consultées par ce journal ont fait valoir que cette idée n'a pas du futur.
Antonio Navarro, candidat présidentiel du Pôle Démocratique, soutient que "la condition de candidat n'est pas permanente, elle n'est valable que pour une seule période, mais crois que la démarche de Yolanda doit se comprencre comme celle d'une mère pour sa fille".
C'est aussi ce que pense Rafaël Pardo, un autre candidat présidentiel. "Elle a été candidate, mais pour la période précédente. Cette démarche me paraît être plus émotive que juridique".
"Uribe n'a aucun empêchement légal pour être candidat", ajoute le libéral gouvernementaliste Héctor Helí Rojas.