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Feu vert pour une candidature d'Alvaro Uribe à la présidentielle de 2006

13/11/2005 - Reuters, BBC, Mundo, Nouvel Obs

Le président colombien Alvaro Uribe pourra briguer un second mandat consécutif en mai 2006.

La Cour constitutionnelle de Colombie a levé vendredi le dernier obstacle à sa candidature en approuvant par sept voix contre deux une loi encadrant les pouvoirs des présidents sortants pour éviter tout abus de leur part dans la course à la réélection.

Le 19 octobre, l'instance avait déjà déclaré conforme à la Constitution la loi instaurant le mandat présidentiel renouvelable.

Uribe déclarera officiellement sa candidature avant une date butoir fixée au 27 novembre, a précisé le ministre de l'Intérieur Sabas Pretelt.

Les premiers sondages donnent Uribe largement vainqueur de la prochaine présidentielle. Le chef de l'Etat, un conservateur proche des Etats-Unis, est crédité par la population de son action ferme contre la rébellion marxiste.

Le net déclin de la violence et des enlèvements enregistré dans le pays depuis son arrivée au pouvoir en 2002 lui permet aujourd'hui de jouir d'une cote de popularité de 70%.

Les détracteurs du mandat renouvelable ont estimé qu'il faussait l'équilibre des pouvoirs conçu par la Constitution et ont rappelé les expériences malheureuses d'autres pays du sous-continent, comme le Pérou ou l'Argentine.

L'inspecteur général de Colombie, un haut responsable judiciaire chargé de veiller à la légalité des actions gouvernementales, avait recommandé qu'Uribe ne soit pas autorisé à se représenter en mai. Mais les analystes s'attendaient à la décision favorable de la Cour constitutionnelle en raison de la forte popularité du président.

DEMOBILISER LES PARAMILITAIRES

Soutenu par des centaines de millions de dollars d'aide américaine, Uribe a augmenté les opérations de fumigation des champs de coca, le nombre d'extraditions de trafiquants de drogue vers les Etats-Unis et les dépenses militaires en exigeant de l'armée qu'elle soit plus agressive à l'encontre des rebelles marxistes.

Le président colombien a également entamé des négociations en vue de démobiliser les milices paramilitaires d'extrême droite, qui sont impliquées dans le trafic de drogue et ont tué des milliers de civils dans leur "sale guerre" contre la rébellion, parfois avec la complicité de certains pans de l'armée.

Mais l'économie s'est elle aussi améliorée sous son mandat et les autoroutes du pays, longtemps un terrain de chasse gardé des ravisseurs, sont devenues plus sûres.

Du coup, le chef de l'Etat est non seulement populaire auprès des couches les plus aisées de la population mais aussi auprès de nombreuses couches défavorisées.

"J'espère qu'Uribe gagnera la prochaine élection", déclare ainsi un ferrailleur de 37 ans, Ricardo Carrero, dans les rues de Bogota. "Il est le seul qui ait réussi à réduire la violence dans ce pays. Il est notre avenir.


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