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Un article sur la situation de la pauvreté en Colombie est paru hier dans "El Espectador", puis repris dans "Las Voces del secuestro". Les deux articles ne sont restés en ligne que quelques heures et ont été rapidement "archivés".
C'est un défi d'aborder en Colombie le sujet de la pauvreté et des inégalités sociales; la vérité est qu'il est plus que démontré que la croissance économique de la Colombie est "anti-pauvres", parce que bien que le taux de croissance du pays se porte bien en atteignant 5%, les bénéfices restent en grande partie entre les mains des grands conglomérats économiques.
Le problème est que l'actuel modèle de développement est basé sur l'activation et le dynamisme de l'offre pour stimuler la production et les grands capitaux. Si on veut réellement faire face à la pauvreté dans le pays, il est nécessaire d'adapter les politiques pour que la croissance économique s'accompagne de redistribution des bénéfices et de la richesse.
Le débat sur la pauvreté a été régulièrement occulté en Colombie, en le confinant à un problème de méthodologies, alors que celles-ci devraient seulement être un point de référence. Il semble que ce soit cette question de méthodologie qui préoccupe les élus, bien plus que le drame de la pauvreté et de la misère qui touche plus de 64% de la population colombienne.
Les chiffres sont terribles. Le Rapport du Développement Humain de 2005 dévoile qu'environ 4 millions de colombiens (8.2% de la population) gagnent moins de 1 $US par jour, c'est-à-dire qu'ils se trouvent en état de misère, et que plus de 10 millions (22.6% de la population) arrivent à peine à gagner 2 $US par jour, et sont donc en situation de grande pauvreté. Selon le Rapport de Nations Unies, la Colombie est un des dix pays les plus pauvres du monde.
Pourtant le Congrès de la République a une fois de plus renoncé à aborder cette question dans ses discussions budgétaires. Le pays perd une occasion d'examiner en profondeur la politique sociale.