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HIER SOIR, à l'occasion du millième jour de captivité d'Ingrid Betancourt, enlevée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), le 23 février 2002, quelques centaines de personnes ont manifesté place du Trocadéro à Paris, à l'appel de sa fille. Dans la foule, plusieurs personnalités, dont Bertrand Delanoë, le maire de Paris, et sa première adjointe Anne Hidalgo ou encore l'écrivain Marek Halter. Mélanie, sa fille de 19 ans, ne veut pas désespérer.
Elle croit toujours à la libération de sa mère. Et espère que le gouvernement français fera tout pour y parvenir. De quand datent les dernières nouvelles de votre mère ? Mélanie Delloye. De septembre 2003 mais la cassette avait été filmée en mai. Et la première fois, c'était en juillet 2002.
Que fait le gouvernement colombien pour sa libération ? Le président Uribe négocie, semble-t-il, avec les Farc car il pense que cela peut favoriser sa réélection. Mais les Farc n'accepteront jamais sa proposition de le rencontrer dans une ville comme Bogota. Nous nous trouvons plutôt dans une impasse. Ma mère fait partie de leurs otages politiques, elle reste un gros poisson, le symbole d'une femme se battant contre la corruption. Et la France ? Elle a un grand rôle à jouer. On oublie trop souvent que maman est française, avant d'être colombienne. Paris pourrait faire pression sur le gouvernement colombien ou même nouer des contacts directs avec les Farc. Comment supporter mille jours d'absence quand on a 19 ans ? C'est dur. On a volé mille jours de sa vie, et à moi aussi. C'est du temps irrécupérable. Vous arrive-t-il d'être découragée ? Oui. Mais je pense que maman voudrait qu'on continue avec encore plus d'élan. Ce qui compte, c'est de se battre. Avez-vous associé Christian Chesnot et Georges Malbruno à cette marche ? Oui. C'était aussi une marche pour ces 3 000 personnes enlevées en Colombie et pour tous les otages dans le monde.