|
||||||
George W. Bush promet à la Colombie de maintenir son aide financière pour la lutte contre la guérilla et la drogue. Le président américain veut bien détruire les champs de coca, mais il refuse d'offrir aux agriculteurs colombiens une solution de rechange viable.
"Le président George W. Bush a effectué, le lundi 22 novembre, une visite éclair en Colombie, au cours de laquelle il a promis à son homologue colombien, Alvaro Uribe, de faire tout son possible pour que le Congrès des Etats-Unis renouvelle l’aide militaire et le financement de la lutte contre les narcotrafiquants en Colombie", rapporte The New York Times."Le 'Plan Colombie', qui arrive à échéance fin 2005, a rapporté au gouvernement colombien plus de 3 milliards de dollars depuis qu’il a été adopté, en 2000, sous l’administration Clinton. L’aide se concentre sur la destruction des plantations de coca, mais aussi sur l’entraînement militaire pour lutter contre les guérillas marxistes qui agitent le pays depuis plus de quarante ans", rappelle The Washington Post.
"Selon le président Bush, la stratégie de son amigo Uribe fonctionne. Les résultats sont déjà là : les hectares de cultures illégales, les enlèvements, les homicides et les attaques terroristes ont diminué sous le gouvernement Uribe", signale le journal de Los Angeles destiné aux hispanophones, La Opinión. Mais ce quotidien rappelle aussi que l’optimisme du président américain est loin d’être partagé par tous les analystes colombiens et américains.
En effet, certains démocrates, membres du Congrès, accusent la politique du gouvernement colombien de ne pas respecter la législation internationale sur les droits de l’homme. "Les critiques pointent notamment la politique colombienne de désarmement négocié" des paramilitaires antimarxistes, considérés comme des terroristes par les Etats-Unis. Ces unités de paramilitaires s'étaient constituées pour se protéger des exactions de la guérilla marxiste, mais elles aussi ont choisi la voie de la violence. "Selon les critiques, Uribe prévoit le désarmement des paramilitaires contre de faibles peines pour leurs leaders, pourtant accusés de trafic de drogue et d’atrocités", note The New York Times.
Quant aux analystes colombiens, ils "insistent sur le fait que la victoire sur le trafic de drogue passe par des actions complémentaires de la seule répression et ils regrettent que le soutien de Bush à la lutte contre la guérilla et la drogue n’ait pas été accompagné d'une révision du traité bilatéral de libre-échange", explique le quotidien colombien El Tiempo. "Ce traité, signé en mars 2004, auquel ont été associés par la suite le Pérou et l’Equateur, porte notamment sur le secteur agricole. Il a fait grincer des dents les agriculteurs colombiens, qui le considèrent comme inéquitable et trop favorable aux Etats-Unis", rapporte La Opinión. Et ce journal de conclure que "M. Bush doit comprendre qu’une stratégie efficace dans la lutte contre le trafic de drogue passe par une agriculture forte, qui offre de réelles alternatives aux paysans cultivant des plantes qui, bien qu’illicites, sont très rentables".