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Une femme témoigne de la violence vécue en Colombie

30/11/2004 - La Côte, les Pénélopes, Reuters

En Colombie, comme en Afghanistan, au Liberia, au Congo ou en Côte d'Ivoire, les femmes et les jeunes filles sont victimes de viols, de tortures, d'esclavage… de manière propres à défier l'imagination, a rapporté un membre officiel des Nations Unies.

Même si des efforts ont été faits pour prendre en considération les questions de genre dans les missions de maintien de la paix, les progrès restent très lents. Le viol est de plus en plus employé comme arme de guerre et les gardiens de la paix eux mêmes se sont livrés à des abus inacceptables. Pour que cette situation dramatique cesse, des membres des Nations Unies recommandent une augmentation importante de la représentation des femmes dans tous les aspects de la gestion des conflits, du maintien de la paix, de la construction du processus de paix et des réponses humanitaires à apporter aux situations d'urgence.

"Les femmes donnent la vie et se mobilisent pour la défendre et la protéger", explique Jackeline Rojas. Coordinatrice nationale d’Organisation féminine populaire, une association de femme colombienne, qui était présente jeudi soir dernier au Grenier Bernois à Morges, invitée de la section jeunesse d’Amnesty International dans le cadre de son opération «Halte à la violence contre les femmes».

Les groupes armés sèment la terreur dans les villages

Au fil des années, 18 au sein de l’association, j’ai perdu mon père, mon époux et mon frère l’an passé. Ma situation actuelle est difficile puisque j’ai subi des menaces, lâche avec émotion cette mère de famille. Au bénéfice d’un appel mondial lancé par Amnesty en 2003, Jackeline Rojas est considérée comme «objectif militaire» par des groupes paramilitaires. En effet, elle explique que les divers groupes armés de la région sèment la terreur dans les villages en faisant pression sur les membres de la famille des activistes d’Organizacion Femenina Popular. Chaque jour, lorsque je traverse la rivière pour porter de l’aide à mes congénères, mon bateau est heurté par des cadavres.

L’association dont fait partie Jackeline tente par des actions concrètes de soulager la population, d’apporter la culture, l’éducation et les soins aux enfants. Une action qui dérange.

Deux ans contre la violence envers les femmes

La campagne mondiale «halte à la violence contre les femmes» initiée par Amnesty international en début 2004, devrait durer deux ans.

Une cinquantaine de personnalités suisses ont apporté leur soutien à cette action parmi lesquelles Micheline Calmy-Rey. A l’instar de Rania de Jordanie et de Salma Hayeck, la conseillère fédérale n’a pas hésité à imprimer ses mains sur la banderole emblème de cet appel. Selon Amnesty International, une femme sur trois dans le monde est victime de violence ou d’agressions sexuelles.

La conférence de Jackeline Rojas s’inscrit dans l’action morgienne «40 artistes unis pour les droits humains», exposition ouverte au public jusqu’au 10 décembre prochain au Grenier Bernois à Morges.


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