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La pression de la Communauté internationale, une mobilisation nationale pour un accord, et un projet de loi qui accorde au Président le pouvoir de gracier des guérilleros pour des infractions autres que celle de rébellion : on ne voit pas beaucoup d'autres alternatives!
Une zone de 31.000 kilomètres carrés est devenue l'enjeu d'un bras de fer entre le Gouvernement et les Farc, et est devenue l'obstacle plus important pour qu'environ 60 personnes récupèrent leur liberté.
Ce territoire est formé par les communes de San Vicente delCaguán et Carthagène del Chairá, Caquetá; il est le centre de discussions qui éloignent chaque jour un peu plus plus la possibilité de conclure un accord humanitaire.
Pour le Gouvernement il est hors de question de démilitariser une zone du pays parce que ce serait " légitimer le terrorisme ” et cela pourrait "démoraliser les Forces Militaires"; pour les Farc c'est une stratégie militaire qui cherche avant tout à contrecarrer le Plan Patriota.
Le plus triste, c'est que le sort des personnes en captivité paraît dépendre uniquement de cet échange humanitaire dont la conclusion paraît infestée d'obstacles, parce qu'il y a peu d'autres options ou alors tellement compliquées !
Il s'ensuit que pour madame Stella Cabrera, mère du soldat Pablo Emilio Moncayo (kidnappé en 1997 pendant l'attaque de la guérilla à Patascoy), il ne reste qu'une issue: “ espérer un miracle ”.
Repenser l'accord
Les analystes insistent pour dire que les propositions et les communications entre les deux parties sont une petite avancée. Mais ce qui est certain, c'est que tandis que le temps continue à courir, rien ne paraît dégager, au moins à court terme, une voie pour la libération de ceux qu'on appelle ‘les échangeables’.
Pour le coordinateur de l'Assemblée Permanente de la Société Civile par la Paix, Jaime Zuluaga, dans la situation actuelle, l'avenir d'un échange humanitaire est entre les mains de l'opinion publique.
“ ce serait un élément fondamental s'il y avait une forte pression de secteurs importants de la Communauté internationale pour favoriser les rapprochements ”, dit-il.
C'est peut-être le but de Melanie Delloye, fille de l'ex candidate Íngrid Betancourt, qui cette semaine a fait à nouveau appel au président français, Jacques Chirac, pour qu'il prenne des initiatives pour la libération de sa mère.
Toutefois, selon le politologue Leon Valencia, pour sortir de cette impasse, c'est la population colombienne qu'il faut mobiliser, bien plus que la Communauté internationale .
Pour Valencia, si les sondages continuent à exprimer la sympathie des colombiens pour l'accord humanitaire, le Gouvernement formulera très probablement de nouvelles propositions jusqu'à ce qu'on arrive à un accord: “ le Président continuera tant que les sondages montrent que l'opinion publique veut cet échange”.
Plus alternatives
D'autres pistes apparaissent au Congrès, où cette semaine a été été discuté un nouveau projet de loi qui accorderait au Président de la République la possibilité de proposer la libération conditionnelle et la suspension conditionnelle des peines pour les guérilleros poursuivis ou condamnés pour différentes infractions, pas seulement pour rébellion.
L'approbation de ce projet de loi donnerait, sans aucun doute, une nouvelle marge de manoeuvre au Gouvernement pour accepter certaines des demandes des Farc, pour lesquelles l'Exécutif dit avoir de l'intérêt, mais pour lesquelles il existe des empêchements légaux.
“ La seule chose que nous pouvons faire, selon la loi colombienne, c'est accorder des remises de peine à des guérilleros emprisonnés pour rébellion. Cela, nous pouvons le faire et nous voulons le faire. La guérilla, elle, n'a pas d'obstacles légaux ”, a déclaré jeudi passé le Haut Commissaire à la Paix, Luis Carlos Restrepo.
Mais cette initiative prend beaucoup de temps, et ce sont les séquestrés qui en pâtissent.
Opération de sauvetage, le pour et le contre
Parmi le petit nombre d'alternatives dont disposent les personnes enlevées, il y a une option qui a peu de soutien, mais d'ardents défenseurs.
Selon certains des analystes consultés, devant la difficulté qui apparaît que les deux parties acceptent de changer leurs positions “ inamovibles ”, il reste l'alternative d'une opération de sauvetage militaire.
Selon le Harold général Bedoya, comme la situation est telle qu'il n'existe pas de possibilités d'avancer dans la voie d'un accord humanitaire, “ il ne reste que l'opération militaire de sauvetage ”.
À son avis, l'armée, grâce à un appui international, dispose d'excellentes capacités de renseignements qui permettraient d'envisager le succès de cette approche. Il rappelle qu'elle a permis de libérer l'évêque Zipaquirá, monseñor Jorge Enrique Jiménez, et Guillermo ‘ el Chiba ’ Cortez.
Toutefois, pour Zuluaga, la capacité des Forces Militaires n'est pas une garantie qu'un sauvetage est la meilleure formule. Plus encore quand on connaît l'ordre des Farc : assassiner les kidnappés à la moindre tentative de sauvetage.
“ Le risque d'une opération de sauvetage a été déjà démontré avec le meurtre de Gilberto Echeverry et Guillermo Gaviria. Cette expérience ne peut pas se répéter ”, indique-t-il.
Pour sa part, le directeur de la Fondation Pais Libre, Patricia Villaveces, assure que “ bien que ce soit une option difficile on ne peut pas écarter la possibilité d'une libération unilatérale par les Farc ”.
Pour évaluer cette alternative, déjà compliquée en soi, la guérilla aurait peut-être davantage de considérations politiques qu'humanitaires pour procéder à des libérations, qui seraient sélectives, spécifie Valencia.
L'ex gestionnaire de paix du Département Fabio Cardozo, formule une proposition qui aurait comme seul but de libérer un certain nombre de personnes qui sont détenus depuis plus de sept ans par les Farc .
Selon Cardozo, “ l'idée serait de commencer par la libération des policiers et des militaires. Dans leur cas en il n'y a pas tant de difficultés et de tensions que pour la libération des politiciens ”.
Ce qui est certain, c'est que tandis que le Congrès travaille les aspects légaux et que le Gouvernement et les Farc s'enferrent dans des considérations logistiques, un groupe de colombiens voit passer les années au plus profond de la forêt, sans solution en vue.
Parce que, comme dit madame Stella : “ Mon fils avait 19 ans ; il en a maintenant 26. Tout ce que je veux c'est qu'on me donne un peu d'espoir de le voir libéré ”.