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Douze députés enlevés par la guérilla colombienne des FARC ont demandé au président colombien Alvaro Uribe de décider d'un lieu pour négocier avec les rebelles un échange entre otages et guérilleros emprisonnés, selon une vidéo reçue lundi par leurs familles.
«Les douze députés demandent au gouvernement de décider un lieu de rencontre pour s'asseoir face à face avec les FARC et négocier un accord humanitaire. Eux sont en bonne santé mais ils demandent d'aller vers une négociation», a indiqué à l'AFP Fabiola Perdomo, épouse d'un des députés.
Mme Perdomo a indiqué que son mari Juan Carlos Narvaez avait lu un communiqué au nom des douze parlementaires enlevés le 11 avril 2002 dans le département de Valle. Dans ce texte, ils demandent au président Uribe de lancer des négociations «sans conditions», ayant pour «seul critère» de «préserver la vie des personnes privées de liberté», selon Mme Perdomo.
Dans leur message, les députés ont aussi invité les familles de tous les otages à former un front commun pour faire pression sur le gouvernement et sur les FARC afin qu'ils négocient un accord humanitaire.
La vidéo a été envoyée par le commandement central des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, marxistes) aux familles des parlementaires qui n'avaient pas eu de preuve qu'ils étaient encore vivants depuis le 23 janvier dernier.
"Le pays a compris que la meilleure façon de résoudre notre tragédie est en négociant. La même opinion publique approuve très majoritairement et réclame la réalisation urgente de l'accord humanitaire. Ecoutez donc cette clameur nationale ", dit une lettre écrite par les 12 otages et adressée à Uribe.
Le vidéo constitue la plus récente preuve de survie des politiciens, qui font une partie d'un groupe de 72 personnes que les Farc cherchent à échanger contre des milliers de guérilleros emprisonnées dans les prisons étatiques.
Les preuves de survie, considérées comme un mécanisme de pression par la guérilla, ont été transmises au moment où le Farc ont dit à nouveau que pour négocier un accord humanitaire avec le gouvernement, il fallait qu'Uribe retire ses forces militaires de deux villages forestiers du sud du pays.
Mi-septembre, le Gouvernement de Colombie avait rejeté cette exigence des Farc et il avait accusé cette organisation de ne pas avoir de volonté politique.
A San Vicente del Caguán et Cartagena del Chairá, dans le département du Caquetá, se développe une opération militaire connue sous le nom de "Plan Patriota", la plus grande offensive contre-insurgée dans l'histoire récente de la Colombie, qui dispose de l'appui des Etats-Unis.
En août, Uribe avait offert de libérer 50 guérilleros des Farc en échange de la liberté de des 72 politiques et membres des forces armées au pouvoir des rebelles.
L'impasse...
Mais la recherche d'un accord pour la libération des otages se trouve à un point mort en dépit de la facilitation de l'Église Catholique.
Avec l'accord humanitaire les Farc libéreraient un groupe de politiques et de militaires kidnappés, certains depuis jusqu'à six ans. Parmi eux l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, les 12 ex députés régionaux, un ex ministre, un ex gouverneur, cinq ex congressistes, trois contractants américains du Département de Défense et plusieurs fonctionnaires et sous-officiers des Forces Armées.
Dans les preuves de survie des ex députés, apparaissent les dirigeants politiques qui, un à un, avec un rideau gris comme toile de de fond, lisent des messages pour leurs parents et reclament un accord qui permette de mettre fin à leur captivité.
"Quelle pitié, que honte d'être traités ainsi, comme de la marchandise, mais c'est la réalité", a dit Jairo Hoyos.
"Je résiste parce que je t'aime, a déclaré l'ex député Juan Carlos Narváez à son épouse Fabiola Pérdomo. "Ceci doit ouvrir le chemin pour la libération des autres kidnappés, l'élimination du kidnapping comme arme politique et militaire, et une avancée pour des dialogues de paix". a ajouté Narváez.
Les 12 politiciens kidnappés et les autres captifs paraissent être dans de bonnes conditions de santé et, dans cette vidéo enregistrée le 5 septembre passé , ils sont vêtus de chemises et de chemisettes noires et portent des crucifix de bois, qu'ils ont eux-mêmes fabriqués pendant leur captivité.
"S'il y a une volonté politique l'accord humanitaire se fera, parce qu'il n'y a pas d'arguments politiques, ni juridiques qui empêchent qu'on le signe", a déclaré Pérdomo après avoir vu le message de son conjoint.