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Dans une entrevue divulguée par l'Agence locale ANNCOL (proche des Frac), le porte-parole de la guérilla des FARC, Raúl Reyes, a déclaré que le groupe rebelle ne négocierait un accord humanitaire que dans une zone démilitarisée dans le sud de la Colombie, bien qu'il n'ait pas dit clairement si ses propos étaient une réponse officielle à la proposition faite jeudi par le gouvernement.
Bien que les déclarations de Reyes aient été divulguées ce samedi par ANNCOL, qui diffuse habituellement les communiqués des FARC, on ne sait pas si cette déclaration a été faite avant, ou après la proposition du gouvernement de remettre en liberté 15 guérilleros emprisonnés, comme preuve de bonne volonté pour négocier ensuite l'accord dans une ambassade à Bogota. (ndlr : le très long article d'Anncol est presque exclusivement axé sur le Plan Patriota)
"Le FARC n'acceptent aucune espèce de discussion avec le gouvernement d'Alvaro Uribe Vélez en dehors d'une zone démilitarisée, parce que nous ne faisons confiance ni à lui ni à ses fonctionnaires, parce que c'est un gouvernement qui ne désire que la guerre et qui n'a d'autre intérêt que celui-là", a spécifié Reyes.
Selon le porte-parole des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC), cette organisation insurgée a fait au gouvernement une proposition "concréte, réfléchie, raisonnée et raisonnable, qu'elle maintient, de libérer tous les prisonniers "échangeables" que nous avons à l'heure actuelle, pourvu que les communes de San Vicente del Caguán et Carthagène del Chairá soient démilitarisées".
Reyes a signalé que cette démilitarisation devrait être effectuée "pour la durée que les parties considèrent nécessaire, pour garantir la sécurité de nos porte-parole qui sont déjà désignés, et qui doivent discuter avec une Haute Autorité du Gouvernement".
Dans cette conversation, explique-t-il, les délégués du gouvernement et des FARC, décideraient "des dates, du transfert et de la réception des prisonniers, pour apporter une solution à cette demande nationale".
Reyes a a également répété que le groupe insurgé n'acceperait pas non plus de dialoguer dans un lieu en-dehors de la Colombie, "parce que les FARC ont dit depuis de nombreuses années que le conflit dans lequel nous sommes plongés, et est plongé le peuple colombien, doit être résolu par ces mêmes Colombiens".
Jeudi, le commissaire à la Paix du gouvernement, Luis Carlos Restrepo, a fait connaître aux FARC une proposition dans laquelle le gouvernement s'engage à libérer 15 guérillas emprisonnées pour l'infraction de rébellion, dans un acte unilatéral.
Selon cette proposition, les FARC devraient libérer de suite et comme preuve de bonne volonté, un nombre égal de personnes qui sont en leur pouvoir.
On procéderait ensuite immédiatement à une réunion avec les porte-parole du groupe rebelle dans une ambassade à Bogota ou au siège de la Nonciature Apostolique. La rencontre aurait une durée maximum de 5 jours et son seul but serait de définir l'accord.
Le gouvernement a spécifié que le transport des membres des FARC vers Bogota et leur retour serait confié à la Croix Rouge Internationale, avec l'appui de l'Église colombienne.
De même, il a déclaré qu'il était évident que "on ne suspendrait les actions militaires nulle part sur le territoire national".
Le gouvernement propose de remettre en liberté 50 guérilleros emprisonnés pour infractions de rébellion, en échange de 59 kidnappés, 22 politiciens parmi lesquels Ingrid Betancourt, 34 militaires et policiers, et trois Américains.