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Demain, 1000 jours

18/11/2004 - Le Monde, France-Diplomatie, Yahoo, 24 heures, Mairie de Paris

"Je vais bien, je suis vivante." Depuis ce message sur cassette vidéo transmis fin août 2003 à la famille d'Ingrid Betancourt, on est sans nouvelles de cette femme politique franco-colombienne, qui passera vendredi le cap des 1.000 jours aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la guérilla d'extrême gauche.

Le comité de soutien à Ingrid Betancourt et aux 3.000 otages de Colombie organise à cette occasion une "grande marche aux lampions" vendredi à Paris. Elle partira à 19h15 du parvis du Trocadéro pour gagner le Mur de la Paix. Y participeront notamment Mélanie et Lorenzo Delloye, les enfants de la prisonnière, Juan Carlos Lecompte, son époux, Astrid Betancourt, sa soeur, Fabrice Delloye, le père de ses enfants, et l'écrivain Marek Halter, parrain du mouvement.

Selon un ancien guérillero, qui l'aurait lui-même appris d'un médecin des FARC, l'otage "aurait entrepris une grève de la faim et serait sous perfusion", rapporte le journal "Le Monde" daté de vendredi. Mais la famille, précise le quotidien, refuse de croire à cette rumeur, une parmi tant d'autres.

Ingrid Betancourt, 43 ans, a été enlevée le 23 février 2002 alors qu'elle était candidate à l'élection présidentielle. Cette sénatrice qui défendait un programme de lutte contre la corruption généralisée et de paix durable pour la Colombie a disparu avec son amie Clara Rojas.

Interrogé par "Le Monde", Fabrice Delloye déclare ressentir "une rage invraisemblable contre l'ignorance et la lâcheté des FARC qui exercent un chantage permanent sur les otages pour obtenir des concessions soi-disant politiques". C'est, dit-il, "le moyen le plus vil qui soit, exercé contre des civils qui ne sont pas impliqués dans le conflit armé".

L'ex-mari d'Ingrid Betancourt est aussi "en colère contre Alvaro Uribe, cherchant en permanence à convaincre l'opinion publique qu'il fait des pas pour obtenir la libération (des otages) mais posant à chaque fois des conditions inacceptables pour les ravisseurs". De fait, ajoute-t-il, "puisque le président se déclare 'homme à poigne au grand coeur', il devrait comprendre que la libération des otages et l'humanisation du conflit faciliteraient sa réélection".

De son côté, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé jeudi qu'il recevrait vendredi les membres de la famille de l'otage "pour leur exprimer de vive voix" le fait que "la France (leur) adresse (...) le témoignage de sa solidarité". "La détermination de notre pays à poursuivre ses efforts en vue de la libération de notre compatriote reste entière", assure le Quai d'Orsay.

La "marche des 1.000 jours" à Paris sera l'occasion d'interpeller le président colombien Alvaro Uribe ainsi que son homologue français Jacques Chirac, "qui se doivent de tout mettre en oeuvre pour la libération d'Ingrid Betancourt et des 3.000 otages de Colombie", souligne le comité de soutien, ajoutant qu'une "pensée" ira à Georges Malbrunot et Christian Chesnot, les deux journalistes français enlevés en Irak le 20 août dernier


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