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La presse latino-américaine a constaté lundi que George W. Bush et John Kerry, les principaux candidats à l'élection présidentielle américaine, étaient virtuellement ex aequo, les grands pays se demandant lequel des deux leur conviendrait le mieux.
En Argentine, le grand quotidien Clarin a estimé que M. Bush était "probablement le dirigeant le plus détesté de la planète" et que son leadership se fondait sur une relation "difficile à décrire" avec ses partisans et sur son langage direct et simple alors que M. Kerry "séduisait davantage pour ce qu'il dit que pour ce qu'il est".
Son rival La Nacion a affirmé que si Bush était réélu, les "personnalités les plus controversées (de son gouvernement) s'en iraient" et notamment sa conseillère pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, alors que si Kerry l'emportait, "des fonctionnaires de l'époque Clinton reviendraient".
Au Mexique, le parlementaire de gauche et ex-ministre des Affaires étrangères Manuel Camacho Solis a indiqué dans le journal El Universal que "du point de vue de la politique étrangère mexicaine, la victoire du candidat républicain ou démocrate n'affecterait le pays de façon significative".
Selon lui, l'ordre du jour des Etats-Unis à l'égard du Mexique "restera le même" et aucun des candidats ne différera radicalement sur des questions comme l'immigration clandestine mexicaine, le commerce bilatéral ou le trafic de drogue.
A La Havane, le quotidien officiel Granma a lui montré du doigt "l'érosion soutenue" du système électoral américain, estimant aussi que le scrutin a une importance qui "va largement au-delà de l'élection d'un président et concerne aussi le destin incertain de l'humanité".
En Colombie, les journaux ont consacré une large place au scrutin tout le week-end. Le quotidien El Tiempo a estimé que la remise en jeu du mandat de M. Bush était "un référendum sur la gestion du gouvernement et que Bush ne passait pas l'examen". "Alors que Washington exerce un leadership indéniable sur la politique mondiale, Bush n'est pas à la hauteur. On a jamais vu de président américain ayant une si mauvaise image à l'extérieur, illustrée par des enquêtes sur les cinq continents", a indiqué El Tiempo.
El Tiempo a estimé que la Colombie "en fin de compte faisait partie de ces pays du monde qui verraient avec dégoût voire inquiétude le maintien de Bush à la Maison Blanche". Le président Alvaro Uribe serait "touché par une déroute de son allié idéologique Bush", a cependant noté Daniel Garcia Pena, politologue cité par l'hebdomadaire El Espectador.
Au Venezuela, le quotidien El Nacional s'est concentré sur "le spectre du fiasco en Floride", rappelant que Bush avait remporté de justesse les élections de 2000 dans cet Etat décisif du sud des Etats-Unis, face à son adversaire Al Gore.
Le quotidien El Universo, le plus grand en Equateur, n'a pas non plus pris de risque sur l'identité du vainqueur, insistant sur le fait que dans les sondages les deux postulants sont à égalité.
Au Paraguay, la presse a qualifié les dernières heures de la course à l'élection de "frénétiques", soulignant la volonté des deux candidats de convaincre les indécis alors que plane "l'ombre du terrorisme".
Au Pérou, le quotidien La Republica a souligné: "si nous laissons de côté les intérêts particuliers et provinciaux, il est clair qu'avec les élections américaines, surtout depuis le 11 septembre (2001), est en jeu non seulement le destin du pays, mais du monde entier".