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Aujourd'hui, 1000 jours

19/11/2004 - TF1, FR2, Le Courrier International, Reuters, DH Net, La Libre, Libération, Le Monde, Le Nouvel Obs, RTL, TV5, Nouvel Obs

Mille arbres seront plantés vendredi à Bogota et dans plusieurs autres capitales pour commémorer les mille jours de captivité de la franco-colombienne Ingrid Betancourt dont les perspectives d'une proche libération semblent de plus en plus incertaines.

"Mille arbres seront plantés dans le monde pour la vie et l'espoir au moment où ma fille et Clara Rojas (ndlr: son adjointe) vivent leur millième jour de détention", a déclaré jeudi à l'AFP Yolanda Pulecio, la mère de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle détenue depuis le 23 février 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes).

Agée de 42 ans, Ingrid Betancourt issue d'une famille de la haute société colombienne, diplômée de Sciences-Politiques à Paris, est également Française depuis son premier mariage avec un diplomate français.

"Nous demandons que les gens prennent conscience que les otages ont vécu mille jours de douleur, d'angoisse et de peur", a-t-elle ajouté.

Le comité de soutien à la libération d'Ingrid Betancourt, le parti écologiste Vert Oxygène qu'elle dirige et sa famille organisent vendredi des manifestations à Bogota, dans de nombreuses villes de Colombie, ainsi que dans plusieurs capitales dont Paris, Madrid, Bruxelles, Dublin et Panama City.

Depuis des mois, le gouvernement et les FARC affirment l'un et l'autre être favorables à un échange mais s'affrontent en permanence sur les modalités. Dans les conditions actuelles les deux camps semblent peu enclins à négocier mais refusent de porter la responsabilité d'un échec.

Début novembre, la direction des FARC avait rejeté la proposition du président colombien Alvaro Uribe, d'échanger 50 guérilleros contre 59 otages.

Dans un communiqué l'état-major de la guérilla exigeait afin d'assurer la sécurité de ses négociateurs, de démilitariser deux villes du sud de la Colombie pour négocier directement puis procéder à un échange.

"Nous demandons aux deux parties d'arrêter de poser des conditions annexes telle que le lieux de négociation et de procéder à un échange humanitaire", plaide la mère d'Ingrid.

"Hélas en ce moment, la perspective d'une solution pacifique parait très éloignée. Au contraire, le plan Patriote qui se déroule dans le sud du pays, organisé avec l'appui des Etats Unis, met en danger la vie des otages", écrit dans un communiqué le comité de soutien d'Ingrid.

"Nous demandons aux gouvernements européens, poursuit le communiqué, de convaincre le président Uribe de rechercher d'autres solutions que celle qu'il prépare et provoquera une tragédie encore plus atroce pour le peuple colombien".

Cependant Alvaro Uribe campe sur ses positions. "Nous n'accepterons pas de démilitarisation. Dans le passé les zones démilitarisées ont profité aux FARC qui les ont transformées en caches d'armes", a-t-il déclaré jeudi.

"Nous ne pouvons accepter que des guérilleros des FARC sortent de prison et retournent à la délinquance. C'est déjà généreux d'accepter de les laisser partir dans un pays comme la France ou intégrer le processus de réinsertion", a-t-il ajouté.

"Enfin, nous ne pouvons libérer ceux qui ont commis des atrocités", a conclu le président colombien.

La famille Betancourt ne dissimule plus son angoisse après avoir appris fin octobre qu'Ingrid aurait failli mourir au cours d'une grève de la faim entreprise récemment.

"Nous demandons aux FARC de prouver que les otages sont encore en vie, même si cela n'est pas rendu public", implore la maman d'Ingrid.

Les FARC retiennent quelque 1.600 otages, selon les autorités, et 300 rebelles des FARC sont actuellement détenus.


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