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Avec le NON des Farc à la médiation de l'Espagne et de l'Église, l'échange humanitaire devrait prendre une nouvelle direction.
Après la visite du chancelier français Bernard Kouchner en Colombie, au Vénézuéla et à en Équateur, pays qui ont entre eux des problèmes diplomatiques et qui ont été impliqués dans la libération des otages des Farc, le panorama de l'Accord Humanitaire reste sombre et imprévisible.
Toutefois, on pourrait voir la Suisse et le président du Pérou, Alan García, tracer de nouvelles voies pour essayer de relancer le processus des libérations, et même pour reconstruire les relations diplomatiques dans la région.
Le président Chávez a déclaré le week-end dernier que la mort de Raul Reyes avait affecté gravement ce processus de libération et, de plus, les contacts de la France avec les Farc.
Jusqu'à présent, le seul des médiateurs autorisés par le Gouvernement colombien qui n'ait pas été rejetté par les Farc est le Suisse : grâce à son attitude neutre, il pourrait agir comme prochain protagoniste pour que les deux parties - les Farc et le Gouvernement - parviennent à un consensus sur la libération des otages et sur des sujets comme la démilitarisation de Florida et Pradera, la libération des guérilleros emprisonnés sans qu'ils ne doivent s'engager à ne pas rejoindre les rangs de la guérilla, et le retour en Colombie de `Sonia' et `Simón Trinidad', emprisonnés aux USA.
Les relations de la Suisse dans les instances internationales comme celles situées à Genève, et leur liens étroits avec la Croix Rouge Internationale (Cicr), sont sa « feuille de vie » comme médiatrice dans le processus de paix. Ces antécédents ont fait que les parents des kidnappés ont maintenant tourné leurs espoir vers ce pays..
Son attachement aux Protocoles de Genève (considérés comme « le manuel » des Nations Unies pour humaniser la guerre) est le germe de l'accord humanitaire et l'objectif de la Suisse en tant que pays partisan de la paix dans le monde.
Mais, malgré les bonnes intentions du Gouvernement suisse, s'est ajouté au cours des derniers mois un nouvel élément qui a compliqué les initiatives pour l'Accord Humanitaire: les relations diplomatiques dans la région. Cet aspect s'est transformé en une espèce d'« obstacle », au moment de rechercher de futures libérations, à cause de l'importance qu'avaient pris l'Équateur et le Vénézuéla dans ce domaine.
Devant cette situation, une grande partie du continent et plusieurs pays européens ont été obligés d'intervenir pour combattre des points d'accrochage qui, jusqu'à présent, restent encore notoires.
Aujourd'hui, le Président du Pérou, Alan García, a accepté de servir de médiateur et de se joindre à cet effort pour réinstaurer un climat de fraternité entre le Vénézuéla, l'Équateur et la Colombie.
Ces nouvelles ont été communiquées jeudi par la représentante équatorienne au Parlement Andin, Ivonne Baki, qui a mentionné l'intérêt de García pour obtenir un dialogue cordial et définitif entre les présidents Rafaël Correa et Álvaro Uribe au cours du prochain Sommet des pays d'Amérique latine, des Caraïbes et de l'Union Européenne qui va avoir lieu à Lima, les 16 et 17 mai.
Pour Orlando Beltrán, otage libéré par le Farc, et ex-député, la présence de la Suisse dans le processus a été constante et « importante » pour les succès qui ont été atteints, mais « le seul qui puisse dénouer tout cela est le Président Chávez, ou la décision du Gouvernement colombien de démilitariser Pradera et Florida ».
« Ils (les Farc) demandent la même chose depuis dix années et ils vont rester figés dans cette position. Nous devons être réalistes et comprendre que les seuls résultats concrets ont été obtenus par le Vénézuéla; je ne crois donc pas qu'aucun autre pays puisse obtenir de meilleurs résultats », a dit Beltrán, qui a néanmoins souligné le degré d'importance du Gouvernement suisse.
Pour sa part, l'ex chancelier et expert dans des processus de paix Auguste Ramirez Ocampo, a considéré que les avancées que pourrait atteindre la Suisse seront acceptées des deux côtés, la Suisse étant un médiateur autorisé. En ce sens il a indiqué qu'il fallait capilatliser sur la proposition de Luis Eladio Pérez, un des six otages libérée par le Farc entre février et mars de cette année.
« La proposition de Luis Eladio devrait être exposée par la Suisse aux Farc. Il est proposé qu'on transporte les kidnappés en Guyane française, et que ce soit là que se négocie l'Échange Humanitaire. La France recevrait les guérilleros des Farc qui sortiraient de prison », a déclaré Ramirez.
À son avis, une autre voie pourrait être celle présentée par le Président Chávez au début de l'année, quand il a proposé de convoquer plusieurs pays qui fonctionneraient comme le Groupe de Contadora, une commission établie par les gouvernements de Colombie, du Mexique, de Panama et du Vénézuéla en 1983 et qui avait obtenu la paix en Amérique Centrale.
Pendant ce temps, l'internationaliste Carlos Patiño a considéré que le « tour » revient maintenant à la Suisse « qui a l'occasion d'établir une négociation avec le soutien des deux parties. La Suisse n'a pas un intérêt sur un seul otage, mais pour ce pays toutes les victimes sont égales et il n'y a pas de kidnappé de première et de seconde classe».
En outre, il a qualifié Alan García de « carte importante, une espèce de contrepoids entre la Colombie et le Pérou en ce qui concerne Équateur et le Vénézuéla.