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La tournée du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner en Colombie et dans la région a fait naître un "regain d’espoir" pour une future libération des otages dont fait partie Ingrid Betancourt, a estimé vendredi sa soeur Astrid Betancourt.
"J’ai, en ce qui me concerne, un regain d’espoir après la mission de Bernard Kouchner" en Colombie, Equateur et Venezuela, a affirmé Astrid Betancourt, interrogée par l’AFP, soulignant avoir relevé "plusieurs éléments positifs".
La visite au président colombien Alvaro Uribe "a permis à la France de clarifier la stratégie à suivre pour la libération" de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, otage de la guérilla marxiste des Farc depuis plus de six ans, a-t-elle expliqué. Selon elle, cette stratégie "ne peut plus s’articuler sur un gouvernement et un président colombiens qui ont pris des engagements ambigus ou non tenus" concernant la crise des otages. Alors que M. Uribe n’a jamais écarté un sauvetage militaire des otages, "cette visite a aussi été l’occasion de rappeler la mise en garde de la France à la Colombie" contre toute solution armée qui aboutirait à la mort des otages, a-t-elle souligné.
Pour Astrid Betancourt, l’entretien entre M. Kouchner et le président vénézuélien Hugo Chavez a "permis de relancer sur des bases concrètes la dynamique de négociation qui avait été interrompue"début mars, après la mort du numéro 2 des Farc, Raul Reyes, tué dans un raid de l’armée colombienne en territoire équatorien.
Selon Astrid Betancourt, M. Chavez reste "incontournable" et "la France qui est médiateur se doit d’utiliser tous les canaux susceptibles d’aboutir à une négociation avec les Farc".
M. Kouchner a reconnu vendredi, au retour de sa tournée en Colombie, Venezuela et Equateur, ne pas être "très optimiste" sur les chances d’une libération à court terme d’Ingrid Betancourt, tout en affirmant que son voyage avait été "utile".
Les discussions "progressent"
Les discussions en vue d'une libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt "progressent", a affirmé vendredi à Sao Paulo le sénateur colombien Luis Eladio Perez, resté six ans aux mains de la guérilla des FARC.
L'époux d'Ingrid, Juan Carlos Lecompte, a déclaré quant à lui, lors d'une conférence de presse conjointe avec le sénateur, qu'il avait "plus d'espoir que l'an dernier" sur la libération de la franco-colombienne, mais que les "négociations devaient continuer".
Perez a dit que la possibilité d'un échange entre 39 otages dits "politiques" et 500 guérilleros des FARC emprisonnés avait "progressé" après que le président colombien Alvaro Uribe eut accepté que la libération d'un otage - si possible Betancourt - soit considéré comme un "pré-accord" qui donnerait la base juridique que le gouvernement exige pour entamer les négociations.
Ingrid Betancourt est otage depuis février 2002 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste), en lutte contre les autorités colombiennes.