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C'est un communiqué de la présidence colombienne pour le moins inattendu. "La présidence de la République de Colombie se permet de communiquer que le ministère de la Défense et les Forces armées révolutionnaires de Colombie ont réajusté et intensifié les opérations pour permettre la localisation humanitaire des otages." Cette décision, précise le communiqué publié mercredi, sera abordée par le président colombien Alvaro Uribe lors du sommet Union européenne-Amérique latine qui se tiendra vendredi à Lima (Pérou), en présence notamment du Premier ministre français François Fillon.
La "localisation humanitaire", nouvelle doctrine de Bogota face à la guérilla ? Les autorités colombiennes assurent qu'elles contacteront les "organismes humanitaires nationaux et internationaux pour qu'ils accèdent au site et obtiennent la libération humanitaire des otages". Une initiative qui a de quoi laisser pantois. La guérilla n'a en effet jamais accepté de mission humanitaire, même médicale, dans la jungle. L'échec de l'opération française , début avril, en est le dernier exemple.
"Je ferai tout mon possible pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt" (Chavez)
Bogota promet par ailleurs de créer un fonds de récompenses de 100 millions de dollars pour "payer les guérilleros qui abandonnent la guérilla et libèrent les otages." La carotte et le bâton, en somme, une méthode qui s'inscrit dans la droite ligne du décret du 27 mars dernier . Le texte, adopté en urgence par le gouvernement colombien, accordait une remise de peine aux guérilleros facilitant la libération d'otages .
Ces mesures interviennent alors que la France continue ses tractations pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, retenue dans la jungle colombienne depuis plus de six ans. Mardi, Nicolas Sarkozy a reçu le président équatorien Rafael Correa. Ce dernier, proche de la guérilla, a promis de "redoubler d'efforts" pour faciliter une éventuelle libération . Mercredi, c'est Hugo Chavez, le dirigeant vénézuélien lui aussi lié à la cause des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), qui a assuré au chef de l'État français, lors d'une conversation téléphonique, qu'il ferait "tout son possible" pour obtenir la libération de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et de "tous les otages" des Farc.
Uribe demande une libération immédiate des otages
Alvaro Uribe a lancé en même temps un surprenant appel à la guérilla des Farc pour une libération des otages dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt avant le sommet de Lima entre l'UE et l'Amérique latine qui débute ce vendredi.
«Puisse le mouvement terroriste des Farc ou l'un de ses porte-parole, annoncer la libération d'Ingrid Betancourt et des autres otages avant le sommet» (de Lima), a déclaré le président colombien lors d'une brève intervention sur la chaîne de télévision privée RCN.
M. Uribe a également souhaité que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), après avoir créé «tant de problèmes» dans les relations entre «les dirigeants de la Colombie et d'autres pays», «réparent leurs erreurs».
Le président colombien n'a fourni aucune explication sur ce bref appel improvisé.
La FICIB pense qu'Uribe s'oppose à une solution « négociée et pacifique » avec les FARC
La Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB) pense que le président colombien, Alvaro Uribe, est opposé à une solution « négociée et pacifique » avec les FARC pour obtenir la libération des otages qui sont entre les mains de la guérilla.
La FICIB réitère également son opposition « à toute opération militaire qui mettrait en danger la vie des otages», dont la Communauté internationale devrait alors rendre personnellement responsables Uribe et ses généraux.
La FICIB réagit ainsi après avoir pris connaissance des plaintes de Bogota qui a demandé des explications au gouvernement équatorien sur les supposés contacts du président Rafaël Correa avec les FARC pour la libération de 40 kidnappés, dont Ingrid Betancourt.
Dans ce contexte, les comités rappellent que toute tentative de solution pacifique passe nécessairement par des contacts directs avec les FARC et que le même président colombien avait demandé au président vénézuélien, Hugo Chavez et à la sénatrice Piedad Cordoba de négocier directement avec la guérilla en novembre passé.
La FICIB considère que les déclarations de Carlos Restrepo et de Fernando Araujo paraissent « malheureusement » confirmer l'opinion de ceux qui pensent que le gouvernement colombien s'oppose à une solution « négociée et pacifique » avec la guérilla.
« Ceci est également confirmé par l'intensification actuelle des opérations militaires dans la zone où on trouve les otages», continue la FICIB dans son communiqué.
La Fédération remercie enfin le président Correa et les autres dirigeants des pays amis du peuple colombien pour les initiatives qu'ils pourront prendre afin d'obtenir de nouvelles libérations, initiatives qui impliquent nécessairement d'établir des « contacts directs » avec la guérilla.