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Le président colombien Uribe accusé de corruption

28/05/2008 - Le Point, Le Figaro, Terra España, Reuters

Difficile d'y voir clair en Colombie. Alors que la justice du pays vient de condamner, mardi, le nouveau chef des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), Alfonso Cano, à 40 ans de prison par contumace et le poursuit pour 142 chefs d'inculpation , le président colombien Alvaro Uribe est lui-même visé d'une enquête préliminaire.

Le chef d'État est empêtré dans l'affaire dite de la "Yidispolítica", du nom de Ydis Medina, une députée colombienne de droite accusée d'avoir été achetée pour un vote décisif en faveur d'Alvaro Uribe. La scène se déroule en 2004. Alvaro Uribe, au pouvoir depuis 2002, tente de faire adopter un projet de réforme constitutionnelle lui permettant de briguer un second mandat. Les débats sont musclés, les députés colombiens se divisent, au nombre près, en deux camps strictement identiques. Une voix peut faire la différence, celle de Ydis Medina.

Dans un premier temps, la députée, qui appartient pourtant à un parti soutenant Alvaro Uribe, annonce qu'elle votera contre. Mais au moment du vote, retournement de situation, Medina approuve le projet, permettant à la réforme constitutionnelle de passer. L'affaire provoque un scandale, les députés de l'opposition accusant Medina d'avoir été "achetée".

Scandales politiques en chaîne en Colombie

Un soupçon que finira par confirmer la députée elle-même. En avril dernier, Ydis Medina reconnaît avoir reçu de l'argent de la part d'Alvaro Uribe en échange de son vote favorable. Le chef de l'État colombien dément, mais la justice ouvre une enquête contre Medina pour corruption. La députée, qui s'est rendue aux autorités le 27 avril, est toujours en détention.

Mercredi, la Chambre des représentants (Assemblée) colombienne a donc décidé, sous la pression d'une vingtaine de députés de l'opposition, d'ouvrir une enquête préliminaire contre le président Alvaro Uribe dans le cadre de ce soupçon de corruption. Une affaire qui apparaît comme le dernier épisode en date d'une série de scandales éclaboussant le pouvoir colombien.

Depuis le début de l'année, une soixantaine d'hommes politiques ont ainsi été impliqués à divers degrés, dont 32 membres actuels ou anciens du Congrès déjà emprisonnés pour avoir eu des liens avec les paramilitaires d'extrême droite. Fin avril, c'est le propre cousin du président Uribe qui a été arrêté pour avoir lui aussi entretenu des liens avec les paramilitaires. Une atmosphère au parfum de scandale, qui fait le bonheur des Farc...


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