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Bernard Kouchner a achevé ce mercredi une visite de trois jours en Colombie, en Equateur et au Venezuela. Le ministre des Affaires étrangères a tenté, en vain semble-il, de réconcilier les trois pays, dont les relations sont tendues depuis la mort du n° 2 des FARC Raul Reyes, en territoire équatorien, le 1er mars dernier.
Bernard Kouchner n’avait jusque-là fait aucune déclaration officielle, ni à Bogota, ni à Quito. On attendait donc plus d’informations à sa sortie du palais présidentiel de Caracas.
Et pourtant, le ministre des Affaires étrangères n’a mentionné aucune avancée. Il a juste précisé que la France ferait tout pour aider le Venezuela, la Colombie et l‘Equateur à se réconcilier : « Tout ce que nous pourrons faire pour que cette tension s’apaise, nous le ferons, pour que les trois pays recommencent des relations normales et fraternelles ».
Et pourtant, la rencontre avec Hugo Chavez était cruciale, la diplomatie française continuant de plaider pour que le président vénézuélien reprenne sa mission de médiation.
Mais après la cordiale fin de non-recevoir d’Alvaro Uribe, Bernard Kouchner ne pouvait plus insister publiquement. Il a donc évoqué sa rencontre avec retenue : « Avec le président Chavez, nous avons parlé de l’otage française Ingrid Betancourt, mais également du sort de tous les otages... J’espère que ces trois jours ont été utiles pour qu’ un dénouement intervienne dans cette triste et douloureuse affaire ».
Bernard Kouchner devenu médiateur malgré lui, est donc reparti une nouvelle fois bredouille, après l’échec de la mission médicale française début avril.
Rencontre Chavez à Caracas : pas d'annonce d'engagement
"Avec le président Chavez nous avons parlé du sort des otages, d'Ingrid Betancourt, mais aussi du sort de tous les otages, en particulier civils", a brièvement déclaré M. Kouchner à l'issue de cet entretien à Caracas.
"J'espère et je veux croire que ces trois jours ont été et seront utiles pour la résolution de cette triste et douloureuse affaire", a-t-il ensuite ajouté, en guise de bilan après une tournée particulièrement délicate en raison des tensions entre ces trois pays.
"Le ministre français a reconnu les efforts du président Hugo Chavez dans la libération de plusieurs otages des Farc et lui a demandé de reprendre son travail de médiateur", a indiqué de son côté un porte-parole du gouvernement vénézuélien, sans donner davantage de précision.
Paris reste convaincu que M. Chavez est la seule option disponible pour résoudre la crise des otages et obtenir enfin leur libération, à commencer par celle d'Ingrid Betancourt, l'ex-candidate à la présidence colombienne qui détient aussi la nationalité française.
"Nous n'avons jamais caché, et certainement pas au président colombien Alvaro Uribe, que le président Hugo Chavez a joué un rôle important (ndlr: en obtenant la libération de six otages depuis le début de l'année) et s'il peut encore jouer un rôle important, tous, nous nous en féliciterions", avait déclaré le ministre français à la presse mardi soir à l'aéroport de Bogota où il faisait une courte escale avant de se rendre à Caracas.
Cette conviction a encore été renforcée après les déclarations d'Ivan Marquez, un des chefs des Farc, publiées dimanche par un journal argentin et dans lesquelles il assure que le dirigeant vénézuélien est le "seul espoir" pour faire libérer Ingrid Betancourt.
Mais la France s'oppose jusqu'à présent au refus catégorique de la Colombie de voir son voisin jouer à nouveau un rôle auprès de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) auprès de laquelle M. Chavez avait obtenu la libération de ces six otages sans contrepartie.
Le président colombien Alvaro Uribe, qui a reçu M. Kouchner à Bogota, a d'ailleurs réaffirmé mardi soir qu'il n'était pas question de relancer la médiation du président vénézuélien dans l'affaire des otages. M. Uribe avait brusquement mis fin à une mission de son homologue vénézuélien en novembre, l'accusant "d'ingérence" dans les affaires colombiennes.
M. Chavez avait de plus souligné, avant même l'arrivée de M. Kouchner, que ses contacts avec les Farc avaient été "pulvérisés" après le raid colombien en Equateur le 1er mars dans lequel le numéro deux de la guérilla colombienne, Raul Reyes, avait été tué.
Ce raid avait provoqué une grave crise diplomatique entre d'un côté la Colombie soutenue par les Etats-Unis, de l'autre l'Equateur et le Venezuela. A la suite de la mort de Reyes, les Farc ont interrompu tout contact avec l'extérieur.
Ivan Marquez a par ailleurs confirmé dans cet entretien publié dimanche qu'il n'y avait "aucun contact" avec le gouvernement français, après l'envoi infructueux début avril d'un avion médicalisé et d'émissaires pour secourir Ingrid Betancourt.
La France a néanmoins fait savoir qu'elle continuerait à rechercher d'autres contacts avec les Farc, comme l'a confirmé M. Kouchner à l'issue d'une rencontre à Quito avec le président socialiste équatorien Rafael Correa.