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Le subintendant John Frank Pinchao a révélé que les guérilleros se sont montrés irrespectueux avec Íngrid Betancourt, qu'ils la punissaient et que les trois Américains n'avaient pas été enchaînés.
Pinchao a réussi à s'enfuir après neuf années de captivité.
Il a affirmé que les trois Américains kidnappés recevaient un traitement différent dans la forêt parce que, alors que les politiciens et les militaires colombiens étaient enchaînés par paires pour dormir, eux ne l'étaient pas.
"Ils ne les gardaient pas enchaînés parce qu'ils disaient qu'ils n'avaient fait aucune tentative de fuite, ni rien d'autre. Jusqu'à mon départ, ils ne les maintenaient pas enchaînés ", a-t-il raconté en décrivant le traitement réservé par les guerilleros aux trois Américains Keit Stansell, Tom Howes et Marc Gonsalves,qui souffre d'hépatite.
Et il a ajouté que par contre le sénateur Luis Eladio Pérez, qui est malade, ainsi qu'Íngrid Betancourt, qui avait essayé de s'échapper cinq fois, étaient eux enchaînés.
Pinchao a fait ces déclarations dans la seule interview qu'il a donnée (mercredi il a donné une courte conférence de presse au Palais) au Secrétariat de Presse de la Présidence.
Il n'y avait pas de consensus sur le sauvetage militaire
Dans ses déclarations, Pinchao a révélé que pendant les premiers mois de détention, il pensait que cela n'allait pas durer longtemps, mais qu'ensuite avaient commencé à passer les semaines, les mois, puis les années... et ils se sont alors rendu compte que cela allait durer.
Sur la possibilité d'un sauvetage militaire, il y avait beaucoup de discussions entre les 13 kidnappés parmi lesquels il se trouvait. "Un jour l'un pensait qu'un sauvetage était bon, mais le jour suivant que ce serait mauvais... on passait d'une position à l'autre (...) nous savions qu'une opération de sauvetage signifierait la mort pour les kidnappés (...) mais je me disais, s'il y avait un sauvetage et que j'avais de la chance, je pourrais m'en sortir vavant ; sinon, au moins ma famille aurait la certitude d'un cadavre plustôt que l'incertitude d'un kidnapping indéfini ".
'Ils ont été irrespectueux avec Íngrid '
Une des stratégies qu'avait la guérilla pour qu'ils ne s'échappent pas était de leur enlever les bottes. "Ils nous l'enlevaient dans le périmètre où nous étions (...) j'ai attrapé des micoses depuis neuf ans, et à ce jour je n'ai pas pu m'en débarasser, je vais voir si cela va s'arranger maintenant".
Aussi, ils les enchaînaient toute la journée comme punition. "Íngrid a aussi fait l'objet (de punitions), parce que les guérilleros lui manquaient de respect et cela la mettait en colère; alors elle voulait se faire respecter et cela lui valait des représailles - comme de rester enchaînée pendant 24 heures".
Il a rappelé qu'il avait été informé du décès du major Guevara, qui était dans un autre camp, par radio. "Ils l'ont laissé mourir".
Durant toute la durée de sa captvité, Pinchao a lu quelque cent livres et la Bible. "Ils nous avaient dernièrement obtenu dix petits livres et nous en lisions trois par jours".
De la coexistence avec ses compagnons de kidnapping, il raconte qu'un des étrangers lui enseignait comment fonctionnait un avion et qu'un autre lui apprenait l'Anglais. "Ce sont des personnes agréables, ils ont appris à parler espagnol, nous leur enseignions à marchander les prix à Bogota pour qu'ils demander une réduction".
Et maintenant ?
Jhon a raconté qu'il avait toujours pensé rechercher la liberté par ses propres moyens et c'est pourquoi il s'est enfui.
Sur les 17 jours qu'il a passés dans la forêt, il a rapporté de nouveaux détails.
Il a raconté qu'il était guidé par la position du soleil et qu'il reposait à midi pour ne pas se perdre; qu'il avait pensé mourir de faim quand le riz qu'il avait gardé dans des poches s'est mouillé, et qu'il avait été approché par un animal féroce.
Le subintendant a expliqué que bien qu'il ait perdu la foi en Dieu il y a quatre ans, il l'avait retrouvée pendant sa fuite. "C'est Dieu qui m'indiquait par où aller. Je sentais cette présence de Dieu ".
Il a déclaré qu'il ne savait pas que les policiers qu'il avait finalement rencontrés mercredi le cherchaient. "Je ne sais pas ce que faisaient là ces policiers, je crois qu'ils étaient occupés à des fumigations de coca ou quelque chose comme cela".
Il pense que la guerrila n'est pas forte mais importante. "C'est comme une bulle qu'il suffit de perforer pour la dégonfler".
Maintenant, il espère pouvoir refaire sa vie avec son fils, ses parents et ses frères.
"Ce que je n'ai pas partagé est déjà perdu, il faut vivre pour l'avenir, parce que ce qui a été perdu est perdu à jamais".