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Le président colombien Alvaro Uribe a achevé, vendredi 4 mai, une visite de trois jours à Washington, où il est venu défendre devant les élus des deux Chambres le traité de libre-échange conclu par son gouvernement et celui de George Bush en novembre 2006. Après avoir rencontré le président américain, qui lui a réitéré son soutien, M. Uribe a dû faire face aux critiques des démocrates, désormais majoritaires au Congrès.
Par la voix de Federico de Jesus, porte-parole du sénateur Harry Reid, les démocrates ont exprimé leurs inquiétudes sur la situation des droits de l'homme et le nombre important de meurtres non résolus de syndicalistes colombiens. Ils ont reproché à M. Uribe, qui fait figure de meilleur allié latino-américain des Etats-Unis, d'être empêtré dans le scandale dit de la "parapolitique", c'est-à-dire des liens entre les milices paramilitaires d'extrême droite et des parlementaires de la majorité présidentielle. "Tant que ces sujets ne seront pas réglés, nous ne nous prononcerons même pas pour savoir s'il faut approuver ou non le traité de libre-échange", a dit, jeudi, Federico de Jesus.
Le même jour, peu après sa rencontre avec M. Uribe, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a exprimé, elle aussi, sa "profonde préoccupation à propos des liens entre les forces paramilitaires illégales et des officiels colombiens de haut rang", mais sans faire référence à l'issue d'un éventuel vote.
Le représentant du Michigan, Sander Levin, va plus loin. Il a menacé de bloquer le traité de libre-échange si le nombre des meurtres, enlèvements et actes terroristes ne se réduisait pas plus rapidement, et a souhaité que la Colombie renforce sa législation en matière de travail et d'environnement.
Le président colombien, qui a également rencontré une délégation de dirigeants syndicaux opposés au traité de libre-échange, a défendu à plusieurs reprises l'action de son gouvernement en rappelant les efforts réalisés afin de désarmer les groupes paramilitaires. Il a dit être prêt à aller encore plus loin pour convaincre le Congrès de voter le traité commercial et de poursuivre l'aide militaire américaine au titre du "Plan Colombie" mis en place, en 2000, par le président Bill Clinton. Il y a un mois, Patrick Leathy, sénateur démocrate du Vermont, avait bloqué 55,2 millions de dollars destinés à l'armée colombienne en raison de soupçons de collusion avec des paramilitaires.
De son côté, le président Bush a affirmé l'importance non seulement économique, mais aussi "stratégique" du traité pour arrimer le pays à la démocratie et au libre-échange. "Il signale à toute l'Amérique latine que nous sommes au côté des pays prêts à prendre des décisions difficiles au nom du peuple", a-t-il ajouté, en appelant le Congrès à ratifier également les autres traités de libre-échange signés avec le Panama et le Pérou.