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Astrid Betancourt, la soeur de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, otage de la guérilla marxiste des FARC depuis 2002, a déclaré samedi à Avoine (Indre et Loire) qu'elle "ne veut pas s'emballer" à la suite des récentes ouvertures du président colombien Alvaro Uribe.
Partisan de l'option militaire afin de libérer les otages, parmi lesquels Ingrid Betancourt, M. Uribe a créé le 12 mai la surprise en évoquant "une libération massive" des rebelles actuellement en prison. Il a annoncé vendredi à Bogota que son gouvernement libérera ou sortira de prison avant le 7 juin un groupe de guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
Astrid Betancourt qui parlait lors d'une Assemblée Générale des Fédérations des Comité Ingrid Betancourt, regroupant quarante comité français, des comités français et néerlandais, a déclaré à la presse: "Il y a eu tellement d'espoirs (de libération) qu'à chaque fois je suis tombée de haut. Je ne veux pas m'emballer", a-t-elle dit. "Je pense que les FARC (Forces Armée Révolutionnaires de Colombie) en ont assez des otages pour des raisons surtout matérielles et parce que le gouvernement colombien pense qu'il a une carte à jouer au niveau interne et international".
Astrid Betancourt a par ailleurs indiqué qu'elle considérait l'arrivée au pouvoir en France de Nicolas Sarkozy comme "une signe positif" car "il veut des résultats positifs" (dans ce dossier). La France a évidemment un rôle de médiation a jouer et un lien de confiance s'est établi entre les présidents Uribe et Sarkozy qui a le pouvoir de prendre des initiatives", a jouté la soeur d'Ingrid Betancourt.
Nicolas Sarkozy s'est directement impliqué dans ce dossier depuis son arrivée au pouvoir début mai. Vendredi, il a eu "une longue conversation téléphonique" avec Alvaro Uribe sur le sort d'Ingrid Betancourt. M. Sarkozy a reçu la famille d'Ingrid Betancourt deux jours après son investiture et a fait de la libération d'Ingrid une priorité. Samedi, lors de la réunion d'Avoine, le responsable de la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme) pour l'Amérique Latine, Luis Guillermo Perez, a pour sa part évoqué un "moment historique pour un accord humanitaire (entre les FARC et le gouvernement colombien).
Le président Uribe est très fortement critiqué pour avoir laissé impunis des crimes des paramilitaires (opposés aux FARC - ndlr). Le président Uribe a besoin d'une certaine légitimité", a-t-il ajouté. Le responsable de la FIDH a, pour ce qui est du principal mouvement de guérilla colombien, expliqué qu'il "y a une telle pression internationale, que les FARC doivent prendre des précautions avec leurs otages". M. Guilermo Perez a par ailleurs exprimé l'espoir qu'un accord humanitaire entre les FARC et le gouvernement de Bogota soit "passé avant la fin de l'année".