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Le président colombien Alvaro Uribe a confirmé vendredi qu'il comptait sortir de prison « tout ou partie» des membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), le groupe qui détient Ingrid Betancourt et cinquante-cinq autres otages politiques et militaires. Une première phase de regroupement des détenus débutera «avant le 7 juin» . L'annonce semble positive pour les otages : les Farc exigent précisément la libération de tous leurs prisonniers pour les relâcher.
Uribe a couronné ainsi une semaine d'agitation diplomatique. Son haut-commissaire à la paix, Luis Carlos Restrepo, a été reçu à Paris par Nicolas Sarkozy, qui s'est ensuite entretenu par téléphone avec son homologue colombien pour la deuxième fois depuis son investiture. Le directeur de l'hebdomadaire communiste Voz, Carlos Lozano, qui maintient des contacts avec les Farc, se trouvait lui aussi à Paris. Enfin, un porte-parole guérillero a souhaité mardi que les « bons offices » de Sarkozy soient « décisifs » pour parvenir à une solution,.
Mais Astrid Betancourt, la soeur de l'otage, refusait samedi de «s'emballer». «Il y a eu tellement d'espoirs qu'à chaque fois, je suis tombée de haut.» En décembre 2004, vingt-trois combattants des Farc avaient déjà été officiellement graciés, sans suite pour les pourparlers. La guérilla a traité la dernière proposition «d'écran de fumée », et maintient une exigence qu'Uribe rejette : le retrait des troupes de deux municipalités andines pour y entamer les négociations. Personne ne sait par ailleurs qui seraient les guérilleros relâchés, et Alvaro Uribe a aussi parlé d'utiliser la force pour libérer Ingrid Betancourt et ses compagnons. Le projet de libération du gouvernement pourrait aussi inclure des chefs de milices paramilitaires d'extrême droite emprisonnés, pour la plupart alliés d'Alvaro Uribe. Pour le sénateur d'opposition Gustavo Petro, le seul but des dernières annonces serait de « libérer les amis du Président» .