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Camille Rohou, ambassadeur de France en Colombie, vient de déclarer qu'une zone de rencontre dans les communes de Florida et Pradera dans la Vallée du Cauca ne serait actuellement pas une solution viable pour négocier l'accord humanitaire.
Le diplomate a ajouté que pour cette raison les trois pays facilitateurs (la France, la Suisse et l'Espagne) "ne pouvaient que faire une autre proposition et essayer de la "vendre" aux Farc (...) bien que soit un problème de trouver une zone acceptable tant pour le Gouvernement que pour les Farc".
Les déclarations de Rohou ont été faites pendant un forum sur le sujet organisé par la corporation "Vivamos Humanos", dirigée par l'ex président Ernesto Samper Pizano.
L'ambassadeur a expliqué que l'obstination de la guérilla à obtenir une zone complètement démilitarisée, ainsi que la forte présence de l'Armée dans les deux communes, sont des obstacles certains pour arriver à trouver une zone de rencontre dans cette région du pays.
"Les Farc voudront probablement rechercher une autre option, parce qu'ils savent qu'il n'y avait auparavant pas de militaires ni de casernes dans cette zone", a expliqué Rohou, qui a ajouté que le groupe armé illégal "a fermé la porte sur cette zone de Florida et Pradera".
Il a expliqué qu'il était important de comprendre qu'on ne pouvait pas permettre une ré-édition du Caguán, et il a insisté sur le fait que ce serait la Communauté internationale qui serait chargée de garantir la sécurité des négociateurs, tant du Gouvernement que de la guérilla.
Le 13 décembre 2005, les gouvernements de France, de Suisse et d'Espagne avaient présenté au gouvernement une proposition de zone de rencontre dans le hameau de El Retiro, située dans la Vallée du Cauca.
Les difficultés
Pendant son intervention, le représentant de la France en Colombie a exposé certaines des principales difficultés qui existent actuellement pour la recherche d'un accord humanitaire, mais il a assuré que son pays continuerait à insister pour obtenir la libération de tous les kidnappés.
L'ambassadeur s'est aussi opposé fermement à un sauvetage militaire, qu'il considére comme une solution non viable, et a qualifié de "miracle qui ne pourrait pas être répété", l'opération qui a permis en décembre dernier la libération de l'actuel ministre des affaires étrangères Fernando Araújo.
Il a critiqué la tendance du Gouvernement à imposer le sauvetage militaitre à travers les media. "On ne peut pas transformer cette affaire en quelque chose de médiatique, on ne doit pas convoquer la presse pour déclarer qu'on peut mener ce genre d'opérations. Il est clair qu'elle sont possibles, mais c'est la seule responsabilité du Président, et si elles ratent, il doit en assumer la responsabilité", a-t-il ajouté.