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Nombreuses réactions d'opposition à une opération militaire

20/05/2007 - 20 minutes, Libération, Romandie.com, tele news, Clarin.com, UniVision, El Universal, Diario Occidente

Le chef de l'Etat colombien Alvaro Uribe a ordonné aux responsables de l'armée de «libérer par les moyens militaires» Ingrid Betancourt ainsi que les trois Américains détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). A Paris, le ministère français des Affaires étrangères s'est déclaré «opposé à une action militaire qui risque de mettre en péril la vie des otages». Le gouvernement suisse a également pris la même position.

Le chef de la diplomatie colombienne Fernando Araujo a également durci le ton alors que jusqu'à présent le pouvoir paraissait osciller entre une solution négociée avec la guérilla et une offensive militaire sans dialogue préalable. Selon Uribe, «les FARC ne veulent pas d'accord humanitaire, c'est pourquoi nous insistons sur la libération par des moyens militaires». «Ici, il n'y aura pas de petits jeux avec ces bandits des FARC, ici il n'y a pas de zone démilitarisée», a-t-il poursuivi.

En 2005, la France, la Suisse et l'Espagne avaient proposé des négociations à Pradera et à Florida, dans une zone démilitarisée de 480 kilomètres carrés à créer, en vue d'un "échange humanitaire" d'otages contre des guérilleros incarcérés.

Les familles d'otages, notamment celle d'Ingrid Betancourt, redoutent l'option militaire. «Je supplie qu'il n'y ait pas de libération par la force», a déclaré à l'AFP le mari d'Ingrid Betancourt, Juan Carlos Lecompte, qui affirme que dans ce cas «les FARC tueront tous les otages». Dans le passé, plusieurs opérations de l'armée se sont soldées par la mort des prisonniers.

Dans un communiqué, la Fédération Internationale des comités Ingrid Betancourt a rappelé «l'opposition unanime des familles à toute opération qui mettrait en danger la vie des otages, et demande à la Communauté Internationale d'intervenir auprès du Président Uribe pour qu'il accepte de s'engager dans la voie d'une solution négociée».

La fille d’Ingrid Betancourt, Mélanie, qui vit en France, a estimé vendredi qu'Uribe «se moque du président» français Nicolas Sarkozy alors qu'ils ont longuement discuté de l'affaire jeudi soir par téléphone. «Le président Sarkozy a dit au président Uribe à quel point il croyait fermement à une solution négociée et surtout pas à une libération par la force qui, on le sait, est un échec», a-t-elle déclaré.

Le Quai d'Orsay et la fille d'Ingrid Betancourt ont vivement réagi, vendredi soir, après la déclaration du Président colombien Alvaro Uribe, qui a ordonné aux responsables de l'armée de «libérer par les moyens militaires» l'otage franco-colombienne. «Messieurs les généraux, nous allons libérer Ingrid Betancourt et les trois Américains», a déclaré le Président Uribe au cours d'une cérémonie en présence de hauts responsables de la police et de l'armée : «Les Farc [Forces armées révolutionnaires de Colombie] ne veulent pas d'accord humanitaire, c'est pourquoi nous insistons sur la libération par des moyens militaires.» Cette déclaration intervient après qu'un otage ayant échappé à ses ravisseurs a assuré que la Franco-Colombienne, enlevée par la guérilla des Farc le 23 février 2002, était vivante.

Jeudi soir, Nicolas Sarkozy s'était entretenu au téléphone avec le Président Uribe, et il a reçu vendredi la famille d'Ingrid Betancourt. Selon Mélanie Betancourt, la fille de l'otage, «le Président Sarkozy a dit au Président Uribe à quel point il croyait fermement à une solution négociée et surtout pas à une libération par la force qui, on le sait, est un échec» .

Le ministère des Affaires étrangères a de son côté rappelé que Paris reste «opposé à une action militaire» pour libérer Ingrid Betancourt. «Nous vérifions la teneur des déclarations prêtées au Président Uribe , a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jean-Baptiste Mattéi. Nous rappelons notre position constante en la matière : nous sommes opposés à une action militaire qui risque de mettre en péril la vie des otages.»

La Suisse n'est pas favorable à une action militaire pour libérer les otages retenus par la guérilla des FARC.

Berne a réagi à des déclarations du président colombien Alvaro Uribe en faveur d'une libération par la force de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

«La Suisse appelle les parties concernées en Colombie à renoncer à toute action qui menacerait le dialogue nécessaire ou qui mettrait en danger la vie des personnes séquestrées», a indiqué samedi à l'ATS le chef de l'information du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Jean-Philippe Jeannerat.

Le DFAE reconnaît la souveraineté de la Colombie mais rappelle que la Suisse, en coopération avec l'Espagne et la France, mène une médiation en faveur des otages. La Suisse «persévère dans ses efforts pour faciliter la discussion d'un accord humanitaire et relancer le processus de paix en Colombie», a indiqué M. Jeannerat.

Les trois pays avaient proposé en décembre 2005 de créer une zone démilitarisée sous contrôle international dans le sud-ouest du pays, pour négocier un «échange humanitaire» d'otages contre des guérilleros incarcérés. Mais les conditions préalables exigées par les deux camps ont fait échouer cette initiative.


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