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Il s'agit d'un phénomène qui serait inconcevable en Équateur, même à l'époque la plus obscure de son histoire, mais qui s'est produit quotidiennement en Colombie. C'est une pratique très ancienne, portée à la connaissance du public à la fin de l'année 2008, qui implique la responsabilité du Haut-Commandement de l'Armée colombienne pour le meurtre de personnes innocentes, assassinées pour gonfler l'importance des pertes de la guérilla ; ces exécutions extrajudiciaires ont été perpétrées pour toucher les primes qu'accorde le Plan Colombie.
À la fin de l'année 2008, dix-neuf jeunes disparus dans la commune de Soacha réapparaissent à l'état de cadavres dans le Nord de Santander et sont présentés par l'armée comme des guérilleros morts au combat. c'est cela qui a ouvert la boite de Pandore et on a depuis lors dénoncé un grand nombre de cas semblables, qui ont révélé le côté obscur de la Politique de Sécurité Démocratique promue par le gouvernement du Président Álvaro Uribe.
Ce scandale a causé la démission du Général Montoya, le "héros" du sauvetage d'Ingrid Betancourt et l'auteur de cette méthode originale pour mesurer les succès dans la lutte contre la guérilla; il a alors été immédiatement nommé par le président Uribe Ambassadeur en République Dominicaine. En octobre 2009, le Ministère public Général de la nation et le Procureur Général avaient dénombré environ deux mille cas de « faux positifs ».
Selon des documents militaires, diplomatiques et d'intelligence, publiés par le National Security Archives de Washington, où on fait référence aux faux positifs sous le terme « syndrome du body count », cette pratique a guidé depuis des années le comportement des militaires en Colombie. Il y a vingt ans, McNamara, Ambassadeur des USA., avait déjà imis en question la version de l'Armée colombienne concernant le décès de neuf guérilleros supposés à El Ramal, et avait établi des liens entre la sécurité colombienne avec les groupes paramilitaires. Le Procureur Général de Colombie suggère que les victimes ont été exécutées par l'Armée et ensuite revêtues d'uniformes de guérilleros. Les trous de balle retrouvés dans les uniformes ne coïncidaient pas avec les blessures que portaient les corps des victimes.
Quatre années plus tard, l'Ambassadeur américain Frechette considérait que ce type de comptage des pertes de l'ennemi persistait chez les membres de l'Armée colombienne qui cherchaient à monter en grade. Le fonctionnaire adjoint de la Défense de cette Ambassade déclarait que « les commandants militaires qui ne peuvent pas démontrer des succès dans leurs activité anti-guerrillera (situation où se sont produites la majorité des violations aux droits humains…) sont désavantagés au moment des promotions ».
La CIA a constaté que la sécurité colombienne continuait « à utiliser les tactiques des escadrons de la mort dans sa campagne contre la guérilla ». Dans ce document, une analyse de la politique de César Gaviria contre la guérilla, la CIA asouligne que les militaires colombiens avaient « une longue tradition d'assassiner des civils de gauche dans les secteurs où la guérilla était présente, en coopérant avec des groupes paramilitaires associés au trafic de drogues dans des attaques contre des civils suspects d'être sympathisants de la guérilla, et en assassinant des combattants capturés ».
Le pire de de tout, c'est que les militaires accusés de ces crimes ont été libérés sans jugement par « expiration du délai de poursuite ». A méditer par ceux admirent le processus colombien...