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Les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) ont libéré, dimanche 28 mars, Josue Daniel Calvo. Agé de 23 ans, ce soldat avait été capturé au combat il y a onze mois. Mardi, c'est Pablo Emilio Moncayo qui devrait être à son tour libéré. Il aura passé 12 ans et trois mois en captivité.
La mise au point de l'opération humanitaire pour la libération unilatérale de ces deux militaires a duré plusieurs mois. Vingt-et-un militaires attendent encore au fond de la jungle l'annonce d'un accord entre la guérilla et le gouvernement en vue de leur libération.
C'est à bord d'un hélicoptère brésilien, portant emblème du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), que la mission humanitaire est allée chercher Josue Daniel "quelque part dans le département du Meta", au sud-est de la Colombie. La sénatrice Piedad Cordoba, interlocutrice privilégiée des FARC, un évêque et un médecin étaient du voyage.
"GESTE DE BONNE VOLONTÉ"
Le gouvernement s'était engagé à suspendre toutes les opérations militaires dans la région pendant 48 heures. Selon Mme Cordoba, des avions ont cependant survolé la zone dimanche matin. Le gouvernement affirme qu'il s'agissait de vols civils.
A 13 h 30, l'hélicoptère a atterri sur l'aéroport de la ville de Villavicencio. Josue est apparu émacié et boîteux, mais apparemment en bonne santé. Il a été accueilli par un tonnerre d'applaudissements et de hourras. On le croyait très malade. Le jour où il a été fait prisonnier, Josue Daniel a en effet reçu cinq balles dans les jambes. Les guérilleros ont dû, pendant des mois, le transporter dans un hamac.
A peine libéré, il a été transféré à Bogota, où il a été hospitalisé. La commission humanitaire, elle, est partie pour le sud du pays attendre Pablo Emilio Moncayo. Les tractations ont duré près d'un an.
C'est en effet le 16 avril 2009 que les FARC ont annoncé la libération unilatérale de Pablo Emilio Moncayo et d'un autre soldat (en juin, ils donneront le nom de Josue Daniel Calvo), comme "un geste de bonne volonté" en vue de la négociation d'un échange de prisonniers avec le gouvernement.
Hostile à un tel accord et fermement décidé à ne pas permettre un nouveau "show médiatique" des FARC, le président Alvaro Uribe a négocié durement son feu vert.
Pablo Emilio Moncayo doit sa visibilité médiatique à son père, un modeste professeur d'histoire-géographie qui, depuis trois ans, vit avec une chaîne aux poignets, en signe de protestation pour la captivité de son fils.
Le professeur Moncayo a parcouru des centaines de kilomètres à pied sur les routes de Colombie et d'Europe pour mobiliser l'opinion publique en faveur d'un accord humanitaire. Il ne mâche pas ses mots contre un gouvernement "militariste et insensible".
DERNIÈRE LIBÉRATION UNILATÉRALE
Les guérilleros ont par ailleurs confirmé à la mission humanitaire que la libération de Pablo Emilio serait la dernière libération unilatérale. Affaiblie militairement, les FARC n'ont pas perdu tout espoir de contraindre le gouvernement à négocier.
Les familles des militaires encore détenus veulent croire que M. Uribe, sur le départ, pourrait enfin céder. Le président, qui a fait de la fermeté contre la guérilla un programme de gouvernement, quittera le pouvoir en août. Dimanche, il s'est dit prêt à un échange de prisonniers "si les guérilleros libérés s'engagent à ne jamais reprendre les armes".
M. Uribe a même évoqué un éventuel processus de paix, en exigeant aux guérilleros "de la bonne foi" et un cessez le feu. "Nous ne pouvons envisager un accord de paix, sans que cessent les activités criminelles", a-t-il martelé.
Les FARC, qui avaient promis de rendre la dépouille du lieutenant Julian Guevara, fait prisonnier il y a 11 ans et mort en captivité, n'ont pas tenu parole. Sa mère Imperatriz attend toujours.