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Les exécutions de jeunes, un drame qui agite la Colombie

09/03/2009 - Clarin, Salem News

« Nous exigeons la justice », « C'étaient d'humbles paysans, pas des terroristes », « On ne peut pas occulter cela », « Ceux qui ont assassiné mon fils peuvent le faire avec le votre» ou « l'uniforme n'est pas une licence pour tuer », clamaient les pancartes.

Quelque milliers de personnes, dont les proches ont été assassinés lors d'exécutions extrajudiciaires perpétrées par des militaires, ont marche hier en Colombie et commencent à s'organiser pour réclamer « justice ». Des représentantes des Mères de la Place de Mai (Argentine) étaient présentes.

Le scandale appelé des « faux positifs » commence à prendre de l'ampleur en Colombie : des personnes kidnappées par les forces de sécurité qui leur ont fait endosser des uniformes de la guérilla et les ont exécutées ensuite, "simplement" pour démontrer que l'Armée est en train de gagner la « lutte contre le terrorisme ».

« Mon fils était au chômage, des hommes sont venus le chercher pour lui offrir un travail, dans l'est du pays. Devant le désespoir de sa situation économique, il a décidé de s'en aller et deux jours plus tard on a vu sa photo à la télévision, où il était présenté comme un des guérilleros morts au combat. Quelle guérilla ? Il n'osait même pas demander à emprunter de l'argent, parce qu'il avait honte de sa situation. Son seul péché a été d'être pauvre », explique au journal Clarin Yolanda Pineda, maman d'une des victimes.

Le scandale de l'assassinat de plusieurs jeunes qui avaient disparu du quartier de Soacha, dans les environs de Bogota, a provoqué en octobre de l'année passée la démission du commandant de l'Armée colombienne, le général Mario Montoya, un des fonctionnaires les plus proches du président Alvaro Uribe et le cerveau « de l'Opération Jaque » qui avait libéré 15 otages de la guérilla du FARC, parmi lesquelles Ingrid Betancourt et trois Américains, et celle de 27 autres militaires, y compris trois généraux.

La marche était soutenue par les associations de défense des droits humains, et parmi les participants on a noté la présence de Mirta Baravalle, représentante de la très connue association argentine des Mères de la Place de Mai. « C'est triste de voir la situation de ces personnes. Elles vivent une expérience horrible, semblable à celle que j'ai vécu dans mon pays, et je suis venue les accompagner parce que je crois que je peux leur apporter quelque chose, et donner de la force aux parents des victimes », a déclaré Baravalle.

Le mécanisme est maintenant bien connu : ils enlèvent des jeunes gens, ils les tuent et les font passer pour des guérilleros. Pour les militaires, plus de  « morts au combat » signifie des récompenses en argent, une reconnaissance personnelle, et des possibilités de promotion pour leur carrière militaire.

Le Ministère public mène actuellement une enquête sur environ un millier de membres de la force publique qui auraient participé au meurtre de 1.375 civils, présentés comme des membres de groupes illégaux morts au combat.


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