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Luis Eliado Perez: "J'ai fait échouer la tentative d'évasion d'Ingrid" Betancourt en juillet 2005

01/03/2008 - AP, TF1, Nouvel Obs, France Info

Luis Eladio Perez, l'ancien parlementaire colombien libéré en compagnie de trois autres otages mercredi par les FARC, a fait part jeudi de sa frustration pour avoir été incapable de suivre Ingrid Betancourt et s'accuse d'avoir fait échouer une tentative d'évasion de la Franco-Colombienne en juillet 2005.

Ingrid a vu que je me débrouillais mal, et la vérité est que j'ai échoué (...) J'ai échoué face à l'immense capacité d'Ingrid à endurer cette situation", a dit Luis Eliado Perez, la voix étranglée par l'émotion, dans une interview à la station Caracol depuis le Venezuela.

Selon l'ancien sénateur, Ingrid Betancourt a, au cours de ses six années de captivité aux mains des rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie, a tenté de s'évader au moins cinq fois.

Le 20 juillet 2005, Betancourt et lui décidaient de s'évader. Il était prisonnier depuis quatre ans et elle depuis trois ans.

"Nous avons réussi à rester à l'extérieur (du camp rebelle) pendant cinq ou six jours", a dit Perez, 57 ans. Ils s'étaient évadés avec un pain de sucre roux, quelques biscuits salés et trois hameçons.

Il y avait plein de poissons dans les rivières serpentant dans la jungle entourant le camp. Mais emprunter ces cours d'eau était risqué en raison du nombre élevé de rebelles.

"Ingrid savait pêcher quant à moi je dois avouer que j'étais incapable de faire un feu, alors on mangeait le poisson cru (...) Un peu comme si on mangeait des sushis".

Puis les hameçons se sont rapidement perdus dans la vase, laissant les deux évadés à court de vivres et totalement désorientés dans l'épaisse jungle. A présent, les rebelles sont tout autour d'eux les cherchant activement et en particulier Ingrid Betancourt qu'ils ont enlevée en 2002 et qu'ils considèrent comme leur otage la plus précieuse, "leur joyau de la couronne", a souligné Perez.

Sans vivres et avec une humidité étouffante dans la journée et un froid glaciale la nuit menaçant les deux fuyards d'hypothermie, Ingrid Betancourt s'est rendue à l'évidence que Perez mourrait probablement s'ils continuaient. "La vérité est qu'Ingrid a vu que j'allais très mal et nous avons décidé de nous rendre à la guérilla", a précisé Perez. Il avait déclaré après sa libération mercredi qu'il avait eu des problèmes cardiaques et fait des comas diabétiques au cours de sa captivité.

Leurs geôliers ont aussitôt décider de punir les deux otages pour leur tentative d'évasion. "Nous avons été enchaînés, elle (Ingrid) à un arbre, et moi à un autre arbre, 24 heures sur 24. Ils nous ont pris nos bottes. Nous devions marcher pieds nus", a ajouté Perez en expliquant que cela les rendait vulnérables aux serpents et aux nombreuses variétés d'insectes de la forêt colombienne.

Les deux otages ont été séparés et envoyés dans deux camps différents en juillet 2007.

Ce n'est que le 4 février dernier qu'ils se sont revus alors que les deux unités qui les gardaient se sont croisées, leur donnant l'occasion d'échanger quelques mots.

"Son état s'était considérablement détérioré, physiquement et moralement", a dit Perez. Gloria Polanco, une autre otage libérée mercredi, avait affirmé qu'Ingrid Betancourt, âgée de 47 ans, était "proche de la fin", souffrant d'une hépatite B récurrente.

Luis Eladio Perez se souvient de sa dernière rencontre avec Ingrid Betancourt: "la dernière chose qu'elle m'ait dite: "Apprécie ta liberté, jouis pleinement de chaque minute de liberté, apprécie ta liberté".


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