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L'avion posté en Guyane pour Betancourt regagne la métropole

31/03/2008 - Challenges, L'Express, Le Nouvel Obs, Le Monde

Le président Nicolas Sarkozy "a donné l'ordre qu'un avion médicalisé se tienne prêt à tout moment pour emmener Ingrid Betancourt vers un centre hospitalier si elle est libérée" par la guérilla des Farc qui la séquestre depuis six ans dans la jungle colombienne.

La présidence a toutefois semé la confusion en annonçant dimanche midi avoir "pré-positionné" depuis vendredi un avion médicalisé en Guyane française, quasiment au moment où cet avion repartait. L'Elysée a par la suite expliqué qu'un autre Falcon 900 médicalisé, se tenait près à décoller "si les développements le justifient", mais basé en métropole.

Paris avait justifié dans un premier temps l'envoi d'un avion en Guyane par "des informations sur l'état de santé d'Ingrid Betancourt ainsi que des déclarations faisant état de possibles tractations à propos de sa libération".

"On ne comprend pas bien ce qui se passe autour de cet avion mais pour nous ça ne change rien aux négociations en cours", a déclaré à l'AFP le vice-président de la fédération internationale de soutien à Ingrid Betancourt, Olivier Roubi, sans plus de précisions.

"Pour l'instant, aucune information concrète ne laisse espérer une libération imminente. C'est pourquoi nous en appelons à la bienveillance, la sérénité et la discrétion indispensables à la bonne gestion de ce dossier", a aussi souligné le comité de soutien à Ingrid Betancourt.

Paris, qui joue un rôle de médiateur clef aux côtés d'autres pays dans la crise des otages en Colombie, observe la plus grande discrétion. Néanmoins, selon des sources proches du dossier, les tractations s'accélèrent afin d'obtenir sa libération.

Et ce d'autant plus que l'inquiétude sur le sort de l'ex-candidate à la présidentielle colombienne, 46 ans, qui souffre notamment d'une rechute d'hépatite B, a été relancée ces derniers jours par les déclarations alarmantes des autorités colombiennes sur son état de santé.

Si l'essentiel se joue en coulisses, les initiatives publiques se sont multipliées ces dernières semaines, avec notamment la présentation à Paris d'un "plan" élaboré par un ex-otage colombien et les récentes propositions de Bogota d'élargir des guérilleros emprisonnés contre la libération de Mme Betancourt.

Elle fait partie des 39 otages dits "politiques" que les Farc, en lutte contre les autorités colombiennes depuis 1964, proposent d'échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.

Les comités de soutien s'interrogeaient toutefois sur les dernières déclarations du président colombien Alvaro Uribe qui a appelé les guérilleros à la désertion et a affirmé avoir déjà "établi" avec la France que ceux qui livreraient des otages pourraient "partir vivre à l'étranger".

"Nous demandons au président Uribe de rester extrêmement prudent dans ses déclarations", a dit M. Roubi, l'appelant à ""cesser toute action militaire" dans les zones où se trouvent les otages.

M. Uribe avait ordonné samedi à l'armée "de localiser les preneurs d'otages", alors que les familles redoutent des sauvetages militaires qui conduirait à la mort des séquestrés.

La famille de l'otage a dénoncé "l'incohérence" du gouvernement colombien "qui à la fois prône une solution négociée et intensifie l'activité militaire" contre les Farc. Elle a aussi averti la guérilla qu'elle serait considérée comme la "première responsable" si Ingrid Betancourt mourrait.

La France est prête à accueillir des militants des FARC, déclare Fillon

Les conditions de la libération d'Ingrid Betancourt, otage de la guérilla colombienne depuis 2002, sont progressivement remplies, a déclaré dimanche François Fillon, qui souligne que la France est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour la faciliter.



"La France redouble d'efforts pour essayer d'obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, et l'accueil des militants des FARC fait partie de cet effort", a confirmé le Premier ministre français, qui s'exprimait sur TF1.

"On a des moyens techniques en permanence pour permettre de répondre à toutes les situations", a-t-il dit à propos de l'appareil de la République française, un Falcon 900, qui s'était positionné en Guyane avant de regagner la métropole dimanche.

"Le président (colombien Alvaro) Uribe a fait une offre très importante aux Farc puisqu'il a proposé de libérer un grand nombre de prisonniers politiques en échange de la libération d'Ingrid Betancourt. On sent que progressivement toutes les conditions sont remplies pour cette libération. Pour autant, nous n'en savons pas plus ce soir", a-t-il poursuivi.

"La France est prête à faire tout ce qui sera nécessaire pour permettre la libération d'Ingrid Betancourt, et l'accueil des militants des Farc (qui se seront démobilisés, NDLR) fait partie de cet effort", a réaffirmé François Fillon.


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