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Ingrid Betancourt : l'angoisse des proches augmente, sur fond de tractations

30/03/2008 - AFP, Le Monde, Le Figaro, Le Nouvel Obs, El Universal, UniVision, Clarin, Ideal Digital, Intnl Herald Tribune

L'angoisse des proches d'Ingrid Betancourt est encore montée d'un cran samedi alors que les nouvelles alarmantes sur l'état de santé de l'otage franco-colombienne s'accumulent sur fond de tractations intenses pour la faire libérer.

L'ex-mari d'Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, a déclaré samedi à l'AFP craindre qu'elle "soit en train de mourir, ou soit déjà morte", après des déclarations alarmistes de Bogota sur son état de santé.

"J'ai peur qu'Ingrid Betancourt soit en train de mourir ou soit déjà morte. Ce qui m'angoisse le plus, c'est la déclaration du gouvernement colombien, je me demande s'ils ne disposent pas d'informations que nous n'avons pas et s'ils ne sont pas en train d'ouvrir le parapluie", a dit M. Delloye.

"Les nouvelles sont très mauvaises, je suis extrêmement angoissé", a renchéri le porte-parole de son comité de soutien parisien, Hervé Marro.

La veille, la fille d'Ingrid Betancourt, Mélanie Delloye, s'était dite "très inquiète".

"Je ne veux pas que tout se passe trop tard et qu'on ne réussisse pas à la sauver alors qu'on a les moyens de le faire", a-t-elle déclaré, alors que, selon des sources proches du dossier, des tractations intenses se poursuivent en vue de sa libération.

La sœur d'Ingrid, Astrid Betancourt, souligne par contre que «rien de concret» ne permettait aujourd'hui «de dire que l'irréparable était arrivé» à l'otage.

Elle a toutefois lancé un appel aux Farc: "je demande à la guérilla, au cas où l'état de santé de ma soeur s'aggrave, de contacter les autorités vénézuéliennes, françaises ou suisses" de façon à ce qu'elles puissent intervenir sur le plan médical.

Astrid Betancourt a également mis en cause l'"incohérence" des autorités de Bogota.

"Ce qui m'inquiète le plus, c'est l'incohérence du gouvernement colombien qui d'un côté prône la voie négociée pour la libération des otages et d'un autre côté intensifie la présence militaire" dans les zones où sont retenus les otages, a-t-elle déclaré.

Bogota a proposé jeudi de faciliter la libération de guérilleros emprisonnés si Ingrid Betancourt était relâchée.

"Nous voulons interpréter les déclarations de Bogota comme une ouverture", a déclaré de son côté le vice-président de la FICIB (Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt), Olivier Roubi. "J'espère que le président colombien Alvaro Uribe ne fera rien pour contrer certaines initiatives en cours" pour la libération de l'otage, a-t-il dit.

Il a notamment fait référence au plan récemment présenté à Paris par l'ex-otage et ancien sénateur Luis Eladio Perez, où la France joue un rôle "crucial" pour l'échange de prisonniers.

Uribe demande à son armée de localiser le camp des Farc

Le président Uribe s'est rendu hier dans la région où Ingrid Betancourt avait été capturée. Il a incité son Armée à localiser les kidnappés et à « entreprendre une action humanitaire » pour les libérer.

« Je veux exhorter la force publique à continuer son travail courageux de mettre en échec le terrorisme et de localiser les kidnappés », a-t-il déclaré.

Un Falcon français "pré-positionné" en Guyane au cas où...

Un Falcon 900 de la République française s'est posé dans la nuit de vendredi 28 à samedi 29 mars sur un aéroport près de Cayenne, en Guyane, et se tient prêt en cas de dénouement dans les tractations pour la libération d'Ingrid Betancourt, rapporte le Journal du Dimanche (JDD). Selon le JDD, l'appareil s'est posé "discrètement" sur l'aéroport de Rochambeau et se trouve en "stand-by" dans une base militaire voisine.

L'Elysée a confirmé au JDD avoir "pré-positionné" un appareil "au cas où ...", tout en précisant ne pas avoir d'information sur l'imminence ou non d'un accord dans les discussions en vue de la libération d'Ingrid Betancourt, retenue en otage par les FARC depuis février 2002.

Nouvelles déclarations du gouvernement colombien

Autre source d'inquiétude pour les proches d'Ingrid Betancourt, la proposition d'échange humanitaire de plusieurs rebelles des Farc, emprisonnés par Bogota ,contre l'ancienne sénatrice est illégale. Le procureur général de Colombie, Mario Iguaran, a douché dans la nuit de vendredi à samedi les espoirs des soutiens d'Ingrid Betancourt.

«Le Bureau du procureur soutient le décret présidentiel, mais à la condition que la suspension conditionnelle de peine, ou la peine alternative, soit concédée quand a eu lieu un accord humanitaire et quand tous les otages (des Farc) ont été libérés», ont expliqué ses services vendredi soir.

En clair, les Farc doivent libérer tous leurs otages pour que la Colombie remette en liberté leurs hommes détenus. Ceux que ces derniers refusent. Ils réclament la libération de 500 guérilleros en échange de celle d'un groupe de 39 otages dits «politiques», dont Ingrid Betancourt.

Uribe appelle les ravisseurs de Betancourt à déserter

Alvaro Uribe qui s'est rendu samedi dans la localité de San José del Guaviare, la région où l'otage Ingrid Betancourt a été vue fin février, a lancé un appel pressant à ses ravisseurs à la désertion des rangs de la guérilla.

«Nous garantissons la liberté aux guérilleros qui remettront leur otage et nous protégerons leur famille», a déclaré le chef de l'Etat, qui a rappelé qu'une prime de 100 millions de dollars serait versée dans ce cas.«Ce déserteur pourra , s'il le veut, partir vivre à l'étranger. Nous avons déjà établi cela avec la France», a-t-il affirmé.

Les autorités colombiennes ont proposé, jeudi, de libérer sans délai plusieurs centaines de guérilleros en échange de la sénatrice franco-colombienne. Elles ont aussi confirmé qu'Ingrid Betancourt, âgée de 46 ans, était gravement malade, atteinte du virus de l'hépatite B et souffrant de malnutrition.

Samedi, le président colombien, Alvaro Uribe, a déclaré que la France serait disposée à accueillir des guérilleros colombiens qui libéreraient des otages retenus par les FARC, dont Ingrid Betancourt.


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