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L'offre de la Colombie visant à relâcher des guérilleros des Farc en échange d'une libération d'Ingrid Betancourt a suscité vendredi un espoir mitigé auprès de ses proches, la France pressant la guérilla marxiste d'accepter ce marché.
Confronté à des nouvelles alarmantes sur l'état de l'ancienne candidate à la présidence colombienne, qui possède aussi la nationalité française, le gouvernement s'est engagé à sortir de prison un groupe de rebelles, en échange de sa remise en liberté.
Le président colombien Alvaro Uribe a aussi exhorté vendredi les Farc à "libérer Ingrid Betancourt et les autres otages", promettant aux guérilleros repentis des mesures de clémence et une récompense financière.
"Qu'ils apportent cette grande contribution au pays et répondent à ce cri du coeur des Colombiens", a-t-il lancé dans un discours public.
Luis Carlos Restrepo, haut commissaire colombien à la paix, avait annoncé la proposition gouvernementale prévoyant l'élargissement de guérilleros, en cas de remise en liberté immédiate de Mme Betancourt.
M. Restrepo a fait valoir que les autorités avaient "réduit au minimum" leurs exigences, en ne fixant "pas de limites quant au délit commis, ni au type de peines de prison" des détenus libérables.
La France a solennellement appelé les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) "à saisir sans délai cette opportunité", en soulignant que le "temps presse" pour cette femme prise en otage en février 2002.
"Il y a urgence à la libérer. C'est une urgence humanitaire absolue", a insisté le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Frédéric Desagneaux.
L'inquiétude sur le sort d'Ingrid Betancourt a été relancée la veille par les déclarations d'un fonctionnaire colombien, selon qui l'otage souffre d'hépatite et se trouve dans un état de santé "très délicat".
Un prêtre catholique a confirmé vendredi qu'elle avait été soignée dans un poste médical rural, entourée d'un "cordon de sécurité" formé par plus de 200 guérilleros, dans la région de Guaviare (sud-est).
La proposition de Bogota a fait naître une certaine méfiance chez les proches de Mme Betancourt, à l'image de son mari, Juan Carlos Lecompte.
"C'est une proposition confuse", a estimé Juan Carlos Lecompte, en notant que ce plan ne prévoyait aucun retrait militaire, une condition posée par la guérilla afin d'effectuer un échange.
"S'ils avaient fait une proposition plus concrète et apporté des réponses aux demandes précises de la guérilla comme une démilitarisation (...), nous aurions de plus grands espoirs", a-t-il dit à l'AFP.
En lutte contre les autorités colombiennes depuis 1964, les Farc réclament la remise en liberté de quelque 500 guérilleros détenus, en échange de celle d'un groupe de 39 otages dits "politiques", dont Mme Betancourt.
L'exigence d'une démilitarisation de deux municipalités, Florida et Pradera, dans le sud du pays, s'est toujours heurtée jusqu'ici au refus catégorique du gouvernement.
L'ancien époux de Mme Betancourt, Fabrice Delloye, père des enfants de l'otage franco-colombienne, a jugé que l'offre de Bogota était un "effet d'annonce".
"Je prends toutes ces paroles avec beaucoup de prudence. J'y vois plus pour l'instant un effet d'annonce qu'une vraie proposition", a-t-il réagi vendredi, dans une déclaration à la radio française Europe 1.
Son fils Lorenzo Delloye a estimé que Bogota avait fait "l'un des premiers gestes depuis six ans" mais que cela n'était "pas assez concret".
La Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (Ficib) voulait voir de son côté des "raisons d'espérer" dans l'offre colombienne, appelant les parties à "user de discrétion et diplomatie".