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Témoin à distance

21/03/2007 - Radio Canada

Un réfugié politique colombien au Canada, Jairo Castillo Peralta, a réussi, par ses témoignages, à envoyer plusieurs politiciens colombiens de haut rang en prison.

Jairo Castillo Peralta est réfugié au Canada avec sa famille depuis 2002. En Colombie, il était menacé de mort par ses anciens patrons.

M. Castillo habitait la région de Sucre, où s'affrontent l'armée, la guérilla marxiste et les milices paramilitaires formées par les grands éleveurs.

Au départ, c'est sa famille qui a été forcée de quitter la ferme en raison des menaces qui pesaient sur elle.

Pensant protéger les siens, Jairo Castillo s'est mis au service d'un grand propriétaire terrien puis du gouverneur de Sucre.

Il servira de courrier et d'intermédiaire, de garde du corps et de chauffeur. Il participera à la préparation de meurtres et de massacres pendant plusieurs années: 350 massacres en 8 ans dans le nord de la Colombie, dont ceux de Salao et de Chengue.

Cependant, Jairo Castillo jure qu'il n'a jamais participé aux massacres.

Quand les habitants de sa propre région sont menacés, il empêche un massacre et quitte ses employeurs. Ces derniers essaient alors de l'acheter, puis de le tuer.

Lorsqu'il dénonce les meurtres à une procureure de justice, celle-ci est assassinée.

Jairo Castillo devient alors un témoin protégé pendant un an, puis le Canada lui donne l'asile politique. Deux ans plus tard c'est le député, Gustavo Petro, qui rend public son témoignage inédit.

Il faudra attendre l'automne 2006 pour que la Cour suprême de Colombie agisse. Ses accusations sont confirmées

Ses patrons, les sénateurs Alvaro Garcia Romero et Erik Morris sont arrêtés et accusés de meurtre. Toutefois, le gouverneur Salvador Arana Sud a pris la fuite.

M. Castillo a déclenché d'autres dénonciations en Colombie. La justice a arrêté plus de 20 personnes, dont 8 membres du Congrès, proches du président Alvaro Uribe, qui ont eu des liens avec les paramilitaires.

La Colombie est ravagée depuis près de 40 ans par une guerre civile qui fait 20 000 morts par an.

Crise politique

Le pays traverse une grave crise politique depuis l'arrestation de plusieurs parlementaires entre novembre 2006 et février 2007. Ils sont inculpés de collusion avec les narcotrafiquants et les groupes paramilitaires d'extrême droite.

L'affaire, dite « para-politicos », a également provoqué la démission, en octobre 2005, de l'ancien chef de la police secrète. Il est soupçonné d'avoir fourni des informations secrètes aux paramilitaires.

La ministre des Affaires étrangères a également dû démissionner, en raison des liens de plusieurs de ses proches avec les paramilitaires.

Un reportage complet sur le sujet sera présenté à l'émission Enjeux, mercredi, à 21 h, à la télévision de Radio-Canada.


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