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Les forces armées colombiennes tuent un nombre croissant de civils, en les présentant souvent comme des guérilleros tués au combat, selon le rapport annuel du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU sur les violations des droits de l'homme en Colombie.
Bogota a également ignoré les liens entre les forces de sécurité et les groupes armés paramilitaires, poursuit le rapport.
Le rapport cite des violations "fréquentes et nombreuses" des droits de l'homme, y compris ds tortures, exécutions et disparitions forcées, de la part de la guérilla, des groupes paramilitaires mais aussi des forces gouvernementales.
Le bureau du Haut-Commissarait a reçu 2 138 plaintes pour violations des droits de l'homme l'année dernière, soit un volume équivalent à celui enregistré en 2005, mais elles sont plus nombreuses à concerner l'armée.
L'armée a participé à des assassinats de civils dans 21 des 32 États du pays, ajoute le rapport, notant que dans de nombreux cas les victimes étaient présentées à tort comme des guérilleros tués au combat. Ce type de "meurtres ayant toutes les caractéristiques d'exécutions extrajudiciaires ne semblent pas être des incidents isolés, ajoute le rapport.
Alors que 31 000 paramilitaires ont été démobilisés en vertu de l'accord de paix de 2003, de nouveaux groupes armés commencent à les remplacer dans certaines régions, où ils imposent leur domination.
L'Uruguayen Juan Pablo Corlazzoli, nouveau directeur du bureau du Haut-Commissariat en Colombie, a en revanche rendu hommage au travail de la Cour suprême dans son enquête sur les liens entre hommes politiques et paramilitaires, qui a déjà débouché sur l'arrestation de huit élus.
Il a estimé que le gouvernement faisait plus d'efforts en vue du respect des droits de l'homme: "Nous pensons que des progrès ont été faits", a-t-il jugé.