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Bush en Amérique latine : la Colombie à la loupe

09/03/2007 - Agora vox, El Tiempo

Le président Bush entame une tournée en Amérique latine où il va visiter le Brésil, l’Uruguay, la Colombie, le Guatemala et le Mexique. Il vient faire un tour de courtoisie, parler des inégalités et de la pauvreté. Le changement de rhétorique est flagrant, cela fait six ans qu’il ne parle que de lutte antiterroriste et d’accord économique.

Bush tente dans le social, et bien qu’il se défende de vouloir faire de la concurrence à Chavez, il est difficile de ne pas voir une petite volonté de récupérer la part de l’influence perdue dans son jardin. Certains ont même appelé son voyage la "tournée anti-Chavez"

Dans un même temps Bush a annoncé une forte diminution de l’aide apportée au continent, les deux dernières années l’apport était de 722 millions de dollars, il a cette fois demandé au congrès 443 millions de dollars. Bien sûr les diminutions touchent les fonds de développement alternatif, l’argent dédié à la lutte contre le narcotrafic et les guérillas ne diminue pas. Par exemple, le Pérou perd vingt millions de dollars d’aide, l’Equateur perd un million, le Brésil passe de six à un million...

Pour certains analystes, c’est une preuve de plus que le gouvernement de Bush laisse de côté l’Amérique latine et se concentre au Moyen-Orient. La visite étant pour faire passer la pilule. Pourtant il est difficile d’imaginer que le gouvernement des Etats-Unis veuille vraiment négliger l’Amérique latine, toutes les négociations autour des différents traités économiques nous disent le contraire. Simplement, le budget des USA n’est pas vraiment extensible et l’Amérique latine n’est pas dans une situation de détresse infinie, au contraire, les résultats économiques sont, dans l’ensemble, plutôt bons.

La Colombie est le seul pays où l’aide ne diminue pas et la visite du président Bush arrive à un moment critique dans les relations entre les deux pays. Uribe est considéré, à juste titre, comme le meilleur allié. Cependant depuis que le scandale de la para-politique (le Washington-post parle de para-gate) est entré au congrès des Etats-Unis, les déclarations contre le gouvernement colombien se font de plus en plus fréquentes. La présidente du Congrès a même réalisé une réunion avec des ONG pour avoir un autre point de vue sur les négociations entre le gouvernement colombien et les paramilitaires. La démission de la ministre des Affaires étrangères pour les liens de toute sa famille avec les paramilitaires n’est pas passé inaperçue. Certains démocrates ont déjà annoncé que le vote du traité de libre-échange se compliquera, de même pour le Plan Colombie.

Le sous-secrétaire d’Etat des Etats-Unis a même annoncé que son gouvernement serait content si un échange humanitaire avec les Farc avait lieu. Uribe s’y oppose férocement.

La dernière histoire en date est la phrase du vice-ministre du travail colombien, disant que les syndicalistes (menacés de mort) exagèrent en dénonçant leurs menaces, et que ceci promeut la violence et le sang. Cette petite phrase, pourtant très commune ici, n’a pas été du goût du représentant de la Chambre des Etats-Unis, qui a demandé une rectification immédiate. Comme il le dit, c’est typiquement ce genre de déclaration qui nous fait douter du respect des droits l’homme en Colombie.

Pourtant, le climat entre les deux présidents est toujours bon et leurs discussions ne devraient pas tourner autour des paramilitaires. Alors la visite de Bush en Colombie ne sert pas à grand-chose. Celui qu’il faut convaincre que le gouvernement colombien n’a rien à voir avec les paramilitaires, c’est le Congrès des Etats-Unis, pas son président, et cela s’annonce plus compliqué.


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