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Une voix divergente

26/02/2005 - Paris-Match

L'envoyé spécial de Paris Match à Bogota a rencontré le vice-president colombien Francisco Santos.

Lui-même ancien journaliste, et bien placé pour connaître le monde des media (sa famille possède deux des plus importants journaux en Colombie : El Tiempo et Semana), Francisco Santos sait manifestement comment les utiliser pour faire passer "sa" version des événements.
 
Paris-Match lui donne ici une tribune pour exposer ses idées, sans contrepartie. Dans cet article, il mêle très habilement des vérités, des demi-vérités et des contre-vérités. Il joue parfois sur les mots pour éluder les vraies questions; mais ce qui est important c'est surtout ce qu'il ne dit pas. Que dit le vice-président de Colombie ? essayons de décoder :

“Les Français ignorent la réalité. Chaque initiative, chaque hommage ne fait qu’élever le prix d’Ingrid et compliquer sa sortie”

“Ce qu’ils veulent, c’est obtenir la libération d’une partie importante de leurs effectifs, notamment des cadres emprisonnés”

“L’échange tel que le conçoivent les Farc entraînera plus de cocaïne dans les rues de Paris, plus d’enlèvements et d’attentats terroristes dans celles de Colombie”

“Ce sont les Farc qui sont intransigeants, le gouvernement, lui, a fait plusieurs tentatives qui ont été rejetées

“Il n'y a pas de conflit armé en Colombie, mais simplement une guerre contre le terrorisme

On peut s'interroger sur les critères d'appelation d'un "Conflit armé" : Santos introduit une notion (la légitimité ou non de l'enjeu du conflit) qui n'est pas du tout celle du législateur  au moment de la Convention de Genève, qui était de sauver des vies humaines, non de statuer sur le bien fondé d'un conflit. De toute manière, ce n'est pas une des parties engagées dans un conflit qui peut se porter juge pour le qualifier ou le disqualifier.

La conclusion d'accords humanitaires dans le cas de conflits armés est une recommandation du Droit Humanitaire International que la Colombie s'est engagée à respecter. D'où la stratégie récente du gouvernement colombien de refuser d'employer ce terme et de le remplacer par une "guerre contre le terrorisme", façon habile de se décharger de ses responsabilités. 

Il y a une question que Paris-Match n'a pas posée, mais qui a été posée la semaine dernière par la délégation parlementaire belge qui a rencontré le Vice-Président :

"Si vous refusez de négocier un accord humanitaire, et puisque vous savez qu'une tentative de libération par la force entrainera presque certainement la mort des otages, quelle solution proposez-vous alors pour sauver ces derniers ?

...Le vice-Président Santos n'a pas répondu et est passé à un autre sujet ...


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