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L’accord humanitaire, en tant qu’acte mécanique, simple et politique serait la solution pour obtenir la libération des otages qui se trouvent aux mains du groupe armé illégal Farc.
C’est ce qu’a déclaré l’ancien président Lopez Michelsen qui a envisagé cette position lors de l’ouverture du II congrès international des Victimes du Terrorisme qui a lieu dans la capitale du pays.
Pour Lopez, l’accord humanitaire tel qu’on le recherche grâce à la médiation de l’Eglise Catholique n’est pas la porte d’entrée, ni même une marche pour obtenir la paix. Il s’agirait d’une action comme celle qui se passe aujourd’hui en Israël avec un échange de prisonniers avec les Palestiniens ou ce qui se passait pendant la Guerre Froide quand les Etats Unis et l’ex Union Soviétique faisait de même avec leurs espions « cela ne veut pas dire capitulation d’une des parties » a-t-il ajouté.
Selon Lopez Michelsen, il existe en Colombie une confusion, de l’ignorance et une manipulation du terme « Accord humanitaire » et il rappelle que ce mot fait partie de ce que l’on appelle protocoles complémentaires de Genève que l’ONU a crée en 1977 dans lesquels on donne des règles applicables ce cas de guerre surtout dans le cas de prisonniers.
« Une preuve de cette confusion est le fait que La Colombie ait ratifié ces protocoles dix ans après leur création » dit-il. D’un autre côté il a affirmé que pour que cette proposition « politique et mécanique » qu’est l’accord entre le gouvernement et les Farc permette la libération des prisonniers politiques, on doit résoudre un des obstacles qui met en échec cette possibilité : l’appellation de terroriste appliquée à ces groupes illégaux.
Pour cela, il a reconnu que lorsque ces groupes se décideront à accepter les règles du Droit International Humanitaire, on ne pourra plus les qualifier de terroristes.
« Si n’importe lequel de ces groupes reconnaît, accepte et pratique les principes du DIH, on ne pourra pas les qualifier de terroriste » a-t-il répété.
L’ancien président s’est aussi déclaré surpris à propos de la mauvaise utilisation que l’on fait du terme terroriste et il a indiqué que la belligérance du langage et l’utilisation du mot tel qu’on l’emploie en Colombie disqualifie l’adversaire dès le départ et limite de possibles accords comme l’échange humanitaire politique. »
Le terrorisme est-il un délit ?
Dans le monde on n’a pu le définir comme tel. Si une armée régulière attaque un poste de police, ce n’est pas du terrorisme mais un acte de guerre. Mais si elle utilise une embuscade, des pièges, des mines antipersonnelles, c’est du terrorisme. Le terrorisme, c’est intimider une population anonyme pour la dissuader en utilisant des méthodes atroces comme l’enlèvement, la torture sous n’importe quelle forme, ce qui se produit tous les jours sur notre territoire a-t-il déclaré à propos de la polémique qui existe dans le pays où on vit un conflit armé o une agression terroriste comme l’indique le président Alvaro Uribe.
Que pense l’église ?
Au contraire, l’Eglise pense que l’accord humanitaire est « la porte d’entrée à un sérieux processus de paix » c’est ce qu’a indiqué lors de ce même congrès le Cardinal Primat de Colombie, Monseigneur Pedro Rubiano Saenz pour lequel cette possibilité, que l’Eglise et l’Etat doivent rendre plus facile est « un impératif pour le pays ».
« L’accord humanitaire n’est pas une simple concession mais un impératif pour ceux qui se font face les armes à la main, cet impératif est la sauvegarde de la dignité et des droits de ces personnes » a-t-il ajouté.
Pour Monseigneur Rubiano, les déclarations de l’ancien président Lopez, en ce qui concerne les actes qui seraient des actes terroristes ou pas, ces mots doivent se comprendre tels qu’ils sont, c’est à dire en fonction de la législation internationale et de la nature des conflits.
« Les actes dits de terrorisme sont les attentats violents qui détruisent les infrastructures et affectent la communauté civile de manière directe. Mais du point de vue juridique on parle aussi de groupes illégaux qui utilisent des actes de guerre. La différence doit être claire », a-t-il assuré.
Il a souligné que la discussion d’un accord en Colombie est perturbée « par les intérêts des bourreaux et non pas par ceux des victimes d’enlèvements ».
Pour le Cardinal, il faut calmer les esprits et le langage car du bon usage des mots on pourrait établir cadre propice à la paix.
« Nous ne nous lassons pas de frapper aux portes, d’ouvrir des espaces de discussions, de mettre à dispositions des espaces sacrés pour que les parties dialoguent. Pour cela il faut utiliser le bien pour vaincre le mal et par conséquent arriver à des accords qui permettront la vérité, la justice et la réparation, sans oublier les victimes et les victimaires qu’il faut aussi restaurer dans leur dignité. »
Il a indiqué qu’il est temps pour le pays de rendre concret l’accord humanitaire que l’on ne peut pas retarder davantage.
Que dit Trimble ?
Le prix Nobel de la Paix en 1988 qui a servi de négociateur en Irlande du Nord, David Trimble, a déclaré dans un communiqué qu’il souhaitait que La Colombie puisse progresser dans ses négociations et ses efforts de paix.
Trimble, qui a participé de manière virtuelle au II ème congrès des Victimes du Terrorisme a assuré que les processus aussi bien les processus colombiens que ceux de Ulster se ressemblent, tout comme doivent se ressembler la persévérance qui doit exister, la capacité pour arriver à un accord pour la modification des normes et des lois ainsi que le leadership qui doit être prioritaire.
Cependant, il a reconnu qu’il existe des problèmes qui ralentiront cette lutte pour la paix. Il a rappelé que les accords en Irlande du Nord entre l’Ira et les mouvements paramilitaires unionistes du Royaume Uni ont aboutis le vendredi saint de 1988 mais que pour le moment, ils n’ont pas été du tout développés.
De plus, les actions violentes de groupes comme Ira Authentique, qui n’ont pas reconnu les négociations persistent. « Dans le cas de La Colombie, je sais que des personnes appartenant à ce mouvement ont entraîné au maniement d’explosif le groupe militaire des Farc. Par exemple, les cylindres de gaz, remplis d’explosifs sont de création irlandaise. Je le dis parce que je le sais. Cela s’est vu dans plusieurs conflits dans le monde et malheureusement dans le conflit colombien aussi. »
C’est pour cela que la lutte décidée par l’Etat, sous l’autorité de la loi et pour le respect des droits de l’homme mais avec une capacité d’écoute et de dialogue pourra contrecarrer le terrorisme et aplanir le chemin vers la paix » a déclaré Trimble aux personnes participant à ce congrès.
De plus Juan Carlos Letelier, fils de l’ancien ministre chilien Orlando Letelier, assassiné à Washington en 1976, l’ambassadeur argentin en Colombie, le général Martin Garza, le premier militaire qui a reconnu les abus de la dictature et les éditeurs de New York qui ont parlés de la couverture médiatique des événements du 11 septembre étaient aussi présents.
Opinions
Le comandant des forces armées, le général Carlos Alberto Ospina, a indiqué que les déclarations du président Lopez son « un jeu de mots qui confond l’opinion publique car elle donne carte blanche aux Farc pour qu’elles continuent à assassiner des colombiens. Je pense que « Mono Jojoy (ndlr : un des dirigeants des Farc) et les autres bandits doivent être contents ».
En ce qui le concerne, le Haut Commissaire pour la Paix, Luis Carlos Restrepo a affirmé que l’on doit appeler les terroristes par leur nom »
« Ce sont des terroristes car ils utilisent la terreur pour intimider les citoyens. Nous ne devons pas anoblir ce qui n’est pas noble, verser le sang ne veut rien dire. Mais cela ne veut pas dire que nous excluions la possibilité du dialogue et de la négociation. S’ils sont prêts à cesser leurs actions, nous leur ouvrons le chemin vers la démocratie a-t-il conclu.
Con la agencia Colprensa