La revue de presse   de  www.Betancourt.info 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


La guérilla colombienne fait monter les enchères pour libérer ses otages

04/03/2005 - Le Monde

Les FARC cherchent à stopper les extraditions.

Ingrid Betancourt n'est pas près d'être libérée, à en juger par les nouvelles exigences de ses ravisseurs. Pour relâcher leurs otages, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont exigé, lundi 28 février, que soient libérés trois chefs de la guérilla : Ricardo Palmera (plus connu sous son "nom de guerre", Simon Trinidad), Rodrigo Granda et Omaira Rojas (alias Sonia).

Or le premier a été extradé le 31 décembre 2004 aux Etats-Unis, où il sera jugé pour terrorisme et trafic de drogue, et les deux autres devraient connaître bientôt le même sort.

Dans leur communiqué, les FARC ont réitéré leur volonté de négocier pour troquer la liberté de 63 otages - les "échangeables" dans le jargon de la guérilla - contre celle de leurs camarades emprisonnés. Ils seraient quelque 400. Mais en précisant que, "sans le retour de Simon Trinidad en Colombie, les conditions d'un accord sont loin de pouvoir être réunies", les FARC ont réduit à zéro les chances d'un "échange humanitaire".

"Il n'y a plus d'espoir", soupire Marleny Orjuela, à la tête d'Asfamipaz, l'association des familles des soldats et des policiers détenus par les FARC. Certains le sont depuis sept ans. L'ancienne candidate à la présidence de la République, la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a entamé en février sa quatrième année de captivité. "L'intransigeance des FARC n'a d'égale que celle du gouvernement, poursuit Marleny Orjuela. Le président Alvaro Uribe n'a pas voulu nous écouter quand nous l'avons supplié de ne pas extrader Simon Trinidad."

"Le malaise et le mécontentement compréhensible des familles des prisonniers de guerre contre le gouvernement grandissent", écrivent les FARC dans le communiqué. Leur porte-parole, Raul Reyes, a évoqué la mobilisation de la France "pour la réussite de l'échange de prisonniers", dans un courriel envoyé au Figaro, en précisant qu'Ingrid Betancourt est "en bonne santé" et qu'elle "attend avec impatience" sa libération.

"Ce nouveau communiqué ne change rien à rien, car ni la guérilla ni le gouvernement colombien n'ont jamais eu l'intention de négocier quoi que ce soit", pointe José Garcia, le père d'un soldat aux mains des FARC. "Ce n'est pas Paris, mais Washington, qui pourrait faire pression sur Uribe", ajoute-t-il.

INTRANSIGEANCE

Pour Leon Valencia, un ex-guérillero devenu écrivain, la situation est plus bloquée que jamais. "Fortes de leurs récents succès militaires, les FARC font monter les enchères", dit-il. L'effervescence médiatique qui a accompagné le troisième anniversaire de l'enlèvement d'Ingrid Betancourt les aurait également encouragées.

"Les guérilleros savent qu'ils ne récupéreront pas Simon Trinidad, mais ils voudraient bien empêcher l'extradition de Sonia et de Granda", considère Leon Valencia, pour qui l'effort est vain. "Alvaro Uribe a pour lui l'appui des Etats-Unis et de l'opinion publique, souligne-t-il. Le président sait qu'il peut rester intransigeant. Les guérilleros seront extradés et les otages resteront dans la forêt."


>Retour 


>www.Betancourt.info