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Un dignitaire de l'Eglise et un dirigeant communiste, engagés dans la recherche d'une paix négociée en Colombie, approuvent la démarche.
En Colombie , les tractations de la France avec la guérilla pour obtenir la libération des otages ont été confirmées par des personnalités engagées dans la recherche d'une solution négociée.
L'archevêque Luis Augusto Castro a tenu, lors d'un entretien recueilli par le journaliste colombien Hollman Morris, à "le reconnaître et à le dire publiquement : la France a cherché ses propres voies et c'est très bien ainsi".
Joint par téléphone à l'archevêché de Tunja, jeudi 24 février, Mgr Castro a loué "le travail infatigable de la France, à la fois par des démarches publiques et d'autres plus discrètes, en Colombie et ailleurs". Il estime naturel que les Français soient particulièrement motivés par la situation d'Ingrid Betancourt, qui a la double nationalité franco-colombienne.
M. Morris a également enregistré une déclaration de Carlos Lozano, directeur de Voz, journal du Parti communiste colombien (PCC). "Le rapprochement entre les émissaires du gouvernement français et les FARC -Forces armées révolutionnaires de Colombie- date de quelques mois", soutient M. Lozano. "Ces relations se faisaient en bonne partie à travers Rodrigo Granda -représentant des FARC capturé à Caracas le 13 décembre 2004 et livré à Bogota-. Il n'était pas le négociateur mais l'intermédiaire, précise-t-il. Lorsque Granda a été enlevé, ils étaient sur le point de conclure un accord."
"GESTION SÉRIEUSE"
Liées à l'origine au PCC, les FARC s'en sont éloignées, jusqu'à la création d'un Parti communiste, n'existant que sur le site Internet de la guérilla. "Granda était la référence pour les pays amis du processus de paix comme la France, explique Carlos Lozano, interrogé par Le Monde. Grâce à lui, le représentant de la Suisse, Jean-Pierre Gontard, est entré en contact avec Raul Reyes -commandant des FARC-. Les Français ont travaillé à la fois avec Granda et avec d'autres interlocuteurs en Colombie. Le gouvernement colombien était au courant. Un troisième pays européen a entrepris des démarches."
"Si la gestion française, sérieuse, n'a pas encore abouti, c'est à cause de l'intransigeance du gouvernement colombien et des FARC", assure Carlos Lozano. Sans établir une relation de cause à effet entre les tractations et la capture de Rodrigo Granda, M. Lozano rappelle le nombre de fois où les médiateurs de l'Eglise ont été suivis par les autorités et un rendez-vous avorté de James Lemoyne (délégué de l'ONU) et de l'ancien président Alfonso Lopez Michelsen avec le secrétariat des FARC. Consulté par Le Monde, le Père Dario Echeverri, secrétaire de la commission de l'Eglise pour l'accord humanitaire, n'y "voit pas une intention délibérée de torpiller les contacts, mais plutôt la conséquence de la politique de sécurité du gouvernement et de la stratégie des militaires".
Mgr Castro partage cette opinion, en dépit de "la perception de proches des otages qui attribuent toute la responsabilité au gouvernement". Il ne croit guère à une libération "des femmes et des malades d'abord", comme l'ont prétendu certains. "Les FARC tiennent à une négociation globale et sur le territoire colombien, souligne l'archevêque de Tunja. Nous avions obtenu des garanties et des facilités matérielles au Brésil, mais les FARC ont reculé, craignant un traquenard. Pour ouvrir des espaces de dialogue, nous avons besoin de la communauté internationale."