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Astrid, la soeur d'Ingrid Betancourt, a indiqué dans une interview publiée ce samedi par le journal Le Temps de Genève que « la Suisse, par sa tradition de contribuer aux efforts de paix, a vraiment un rôle fondamental à développer en Colombie ».
Selon Astrid, les Suisses « ont une connaissance profonde des Farc et une bonne expérience dans les négociations », ce pourquoi elle a exprimé son espoir que cela puisse faciliter la libération de sa soeur. « J'espère que la Suisse mènera le processus à bonne fin et que, malgré les obstacles, elle n'abandonnera pas », a commenté Astrid Betancourt qui a été reçue jeudi passé à Berne par la ministre suisse des Affaires Extérieures, Micheline Calmy Rey.
Interrogée sur les efforts que déploie la France avec l'appui de l'Union Européenne pour libérer sa soeur, Astrid a indiqué que l'intervention de la Suisse pourrait être « complémentaire ». Elle a indiqué que la France, avec d'autres pays européens, pourrait « exercer une pression sur le président » colombien, Alvaro Uribe, pour que ce dernier « accepte un accord humanitaire » consistant en un échange d'otages en pouvoir des FARC contre des prisonniers de ce groupe de guérilleros.
Elle a regretté qu'Uribe ait « un discours ambigu et incohérent » sur le problème de la violence dans le pays et qu'on ne puisse pas conclure d'accord humanitaire parce que le président « considère qu'il n'y a pas conflit armé en Colombie ».
Pour Astrid, Uribe dit d'une part que « il n'est pas possible de négocier avec les Farc et il faut exterminer » ce groupe, tandis que d'autre part, il déclare dans certains cas que « il est disposé à négocier », bien qu'avec des conditions strictes pour éviter que les guérilleros libérés puissent reprendre le combat.
Elle a spécifié qu'en accord avec les Conventions de Genève, « en cas de conflit interne il faut négocier des accords humanitaires et procéder à des échanges réguliers de prisonniers ».
Elle a ajouté que « les Farc demandent au Gouvernement d'échanger 60 soldats contre une centaine de guérilleros » et elle estime que « si cet échange se produit - le groupe armé accepterait de libérer 25 otages politiques », dont « ma soeur, sa directrice de campagne, trois Américains et vingt députés colombiens ».
Elle a en outre regretté que la médiation de l'Église colombienne et des Nations Unies « aient échoué» parce qu'à son avis « le Gouvernement a saboté leurs efforts ».
Astrid a assuré que sa famille ne disposait pas de preuves qui permettent de garantir qu'Ingrid Betancourt soit encore en vie, depuis mai 2003, date du dernier enregistrement vidéo qu'ils ont reçu. Seuls quelques communiqués divulgués par Raul Reyes, le numéro deux des Farc, « nous permettent de croire qu'elle est vie et en bonne santé ».
« Si elle est encore vivante c'est grâce à l'appui de la Communauté internationale », a-t-elle signalé et elle a rappelé qu'après son kidnapping, le 23 février 2002, « les Farc avaient menacé de lui enlever la vie dans un délai d'une année si le gouvernement colombien n'avait pas conclu à cette date un accord humanitaire ».