La revue de presse   de  www.Betancourt.info 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


"Genève ne rend vraiment pas service à Ingrid Betancourt" d'après le Vice-Président Santos

21/03/2005 - Andrés Allemand - la Tribune de Genève

Le vice-président colombien critique la mairie de Genève, qui compte afficher le portrait de l’otage sur la façade de l’Hôtel de Ville.

«Les autorités de Genève, après celles de Paris, commettent une erreur en voulant afficher le portrait d'Ingrid Betancourt sur la façade de leur mairie.» De passage dans la Cité de Calvin, le vice-président colombien Francisco Santos Calderon ne se prive pas de critiquer le geste du Conseil administratif.

«Je comprends le mouvement de solidarité internationale en faveur de notre compatriote, détenue depuis trois ans par la guérilla. Et évidemment, je ne réclamerai pas le retrait de l'affiche genevoise. Mais il faut se rendre à l'évidence: les ravisseurs n'y sont pas sensibles Pour les FARC (ndlr: Forces armées révolutionnaires de Colombie) , Ingrid Betancourt n'est qu'une marchandise. Sa notoriété croissante fait flamber le prix de sa libération», martelait jeudi Francisco Santos, lors d'un entretien accordé à la presse internationale en marge de la Commission des Nations Unies pour les droits de l'homme. Des propos qui ont soulevé un flot de questions.

Ce n'est pas si simple. Les Colombiens ne comprendraient pas qu'on place des terroristes au même niveau que d'innocents otages. Et une libération massive de prisonniers démobiliserait les forces de l'ordre. Cela dit, le président Alvaro Uribe a beaucoup assoupli ses positions. D'abord, il n'était question d'échange que dans le cadre d'une solution globale du conflit. Puis, il a accepté le principe d'une négociation séparée, tout en refusant d'entrer en matière sur trois exigences de la guérilla: la démilitarisation d'une région au profit des FARC, la libération même de rebelles accusés de crimes contre l'humanité et le maintien en Colombie des prisonniers relâchés. Aujourd'hui, Uribe est même prêt à nuancer ce dernier tabou.

Mais la guérilla est intraitable. Nous avons fait plusieurs offres concrètes: échanges, ouverture de négociations, etc. Elles ont été balayées. Les FARC exigent d'abord un sanctuaire. Nous n'allons pas faire ça au moment où notre offensive militaire a fait reculer la guérilla comme jamais! L'armée avance plus vite que prévu. Nous sommes à un moment charnière: une victoire est à portée de main. Quand la guérilla sera convaincue qu'elle ne peut gagner la guerre, elle négociera.

C'est la guérilla qui a modifié les règles du jeu, en faisant parvenir aux médias une lettre confidentielle que nous avions envoyée.

Pas lors de cette visite. J'ai rencontré Micheline Calmy-Rey en Uruguay, lors de la cérémonie marquant l'entrée en fonction du président Tabare Vasquez. Nous avons convenu de procéder à l'évaluation de la médiation helvétique.

Ce n'est pas encore décidé.

Les ONG accusent

Selon les organisations de défense des libertés fondamentales, des violations massives des droits de l'homme sont commises en Colombie non seulement par la guérilla et les groupes paramilitaires, mais aussi par les forces de l'ordre.

Ainsi, l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), relève par exemple que cette pratique est systématique et généralisée sur tout le territoire de la République. Pire: la situation empire d'année en année.

Nous avons un problème de définition. Par exemple, le Comité des Nations Unies contre la torture s'occupe aussi de dénoncer la surpopulation carcérale. Ce point, c'est certain, est lancinant en Colombie. Par contre, le nombre de plaintes déposées pour torture est en régression.

Je n'ai pas les chiffres, mais je peux vous affirmer que le recours à la justice a été facilité. Il existe deux voies: le procureur et l'ombudsman. Nous avons aussi amélioré l'information sur le suivi juridique.

Vous savez, avec Alvaro Uribe, nous avons pour la première fois en Colombie un président qui a révoqué des officiers parce qu'ils n'avaient pas protégé des civils menacés. Alvaro Uribe met l'armée sous pression. Je l'ai vu lancer à la figure des gradés que «la Colombie ne serait jamais l'Argentine des généraux».

Grâce à Uribe, le pays bouge enfin. Mais nous avons besoin de temps. C'est pourquoi le président cherche à modifier la Constitution afin de pouvoir briguer un second mandat. La Cour constitutionnelle doit se prononcer à la fin mai.


>Retour 


>www.Betancourt.info